Selon les révélations de Jeune Afrique, l'intervention de Paul Atanga Nji dans la crise interne du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) s'inscrit dans une pratique récurrente du ministre de l'Administration territoriale, régulièrement désavouée par les juridictions administratives camerounaises lorsqu'elle concerne la vie interne des partis d'opposition.
Un précédent perdant au sein du CPP
D'après les informations rapportées par Jeune Afrique, Paul Atanga Nji a déjà été débouté par le tribunal administratif dans un conflit similaire survenu au sein du Cameroon People's Party (CPP), un autre parti d'opposition camerounais. Un précédent que l'avocat Hippolyte Meli, cité par le média, met directement en perspective avec la situation actuelle du MRC, en affirmant que « le trafic administratif que l'on exerçait sur les dirigeants des partis ne passe plus », les juridictions n'hésitant plus à sanctionner les erremements du ministère de l'Administration territoriale.
Jeune Afrique rapporte que le ministre justifie sa position par une lecture de la loi régissant les réunions et manifestations publiques, sans toutefois préciser les motifs exacts sur lesquels repose son analyse. Or, selon un avocat du MRC interrogé par le média, la loi prévoit un mécanisme précis pour la validation des changements internes aux partis : les gouverneurs territorialement compétents doivent être informés de tout changement majeur et disposent de quinze jours pour transmettre cette information au ministre. Si cette procédure a été respectée, le changement de direction du MRC serait donc, de facto, parfaitement légal, rendant l'intervention tardive de Paul Atanga Nji juridiquement inopérante.
En mettant en regard ces deux précédents, celui du CPP et celui du MRC, Jeune Afrique dessine les contours d'une pratique institutionnelle qui semble se répéter face à des partis d'opposition, indépendamment de sa validité juridique, questionnant ainsi la manière dont le ministère de l'Administration territoriale use de ses prérogatives de contrôle sur la vie des formations politiques camerounaises à l'approche d'échéances électorales sensibles.









