Actualités of Sunday, 18 October 2026

Source: www.camerounweb.com

Coup de tonnerre : La détention du lieutenant-colonel Ayissi n’est pas l’affaire Martinez Zogo

« Il faut cesser de mélanger les pinceaux. » Dans une mise au point argumentée, Polycarpe Xavier Atangana conteste la lecture dominante qui lie la détention du lieutenant-colonel Ayissi Nanga à l'affaire Martinez Zogo. Selon lui, il s'agit de deux réalités distinctes que l'émotion des réseaux sociaux fusionne artificiellement. S'appuyant sur une chronologie détaillée des événements du 13 octobre 2026 au Tribunal militaire de Yaoundé, il affirme que la détention de l'officier, convoqué par l'IG1 pour d'autres questions, n'a rien à voir avec le dossier Zogo, où il demeure un témoin inscrit. Il dénonce ceux qui, en exploitant les déclarations de l'officier et la sensibilité du dossier, cherchent à « fabriquer une narration de la peur, de la manipulation et du complot » pour susciter un « parti de l'ordre » et détourner l'attention des véritables débats judiciaires.






La détention du lieutenant-colonel Ayissi n’est pas l’affaire Martinez Zogo
Il faut cesser de mélanger les pinceaux. La détention du lieutenant-colonel Ayissi Nanga et l’affaire Martinez Zogo sont deux réalités distinctes, que l’émotion des réseaux sociaux ne doit pas fusionner artificiellement.
Ce qui suit n’est pas un exposé officiel des faits issus d’une enquête de la Gendarmerie. Il s’agit, selon des sources concordantes, de la chronologie des événements survenus au Tribunal militaire de Yaoundé le 13 octobre 2026.
Ce jour-là, le lieutenant-colonel Ayissi est sorti du parking, où il se trouvait dans sa voiture blanche, et a emprunté les escaliers situés à côté de la salle de sûreté. Il a demandé à un caporal-chef de faction de faire venir une femme assise dans la salle d’audience. Celle-ci est sortie, a échangé avec lui, est retournée chercher son sac, puis l’a rejoint au parking.
Cette dame est l’employée d’un accusé. Un échange vif est survenu entre eux. Il était déjà passé 18 heures.
Vers 20 heures, alors que les parties cherchaient encore une date d’audience, le lieutenant-colonel Ayissi est soudain entré dans la salle d’audience, à la surprise générale, pour y prononcer des déclarations désormais connues de tous.
Le lendemain, mercredi, une lettre adressée au MINDEF a fuité sur les réseaux sociaux. Elle évoquait un accusé et faisait état de deux complices demeurés en liberté.
Jeudi, un enregistrement attribué à une conversation entre le lieutenant-colonel Ayissi et Martin Savom a circulé. Dans cet échange, le lieutenant-colonel entendait aborder l’affaire Martinez, avec un objectif clair : obtenir des aveux. Il y aurait évoqué le SED, le MINDEF et un haut responsable qui aurait remis un véhicule de type Prado à Martin Savom.
Mais Martin Savom aurait refusé d’entrer dans le fond du dossier, affirmant ne pas savoir lui-même ce qu’il fait en prison.
Entre-temps, le lieutenant-colonel Ayissi aurait été convoqué par l’IG1, vraisemblablement au titre d’autres questions le concernant.
Une confusion stratégique
Sa détention actuelle n’a donc, en l’état, rien à voir avec l’affaire Martinez Zogo. Il demeure un témoin inscrit au dossier et peut toujours témoigner, selon les décisions du Ministère public.
Ceux qui transforment sa détention en prolongement de l’affaire Martinez Zogo ne recherchent pas la vérité : ils cherchent le chaos. Ils exploitent méthodiquement ses déclarations, l’inattendu de sa présence au Tribunal et la sensibilité du dossier pour fabriquer une narration de la peur, de la manipulation et du complot.
Leur dessein est transparent : susciter un prétendu « parti de l’ordre », faire croire à une justice dévoyée et détourner l’attention des éléments réellement débattus devant la juridiction.
Une haine qui veut imposer l’aveuglement
Ces mêmes personnes, qui réclament parfois de l’argent de taxi à des accusés à la sortie des audiences, prétendent aujourd’hui incarner la morale, la vérité et la défense de la justice.
Quelle ironie. Quelle honte.
Elles ne veulent ni entendre ni comprendre les déclarations fortes du 34e et du 35e témoin. Elles veulent imposer l’aveuglement, orienter la colère vers d’autres cibles et nourrir une haine qui ne dit pas son nom.
Mais la justice ne se construit pas sur les rumeurs, les fuites non authentifiées ni les amplifications intéressées. Elle se construit sur les faits, les preuves, le contradictoire et la parole librement recueillie devant le juge.
Polycarpe Xavier Atangana , pour une société fraternelle