Un document daté du 2 avril 2020 refait surface sur les réseaux sociaux. Il s'agit d'une correspondance signée de Ferdinand Ngoh Ngoh, alors secrétaire général de la Présidence, transmettant une demande de recommandation pour un certain Ngeng Ngeng Etienne, candidat à des postes au Port autonome de Douala, au FEICOM et à Aéroports du Cameroun. Une pièce qui alimente les accusations de positionnement d'hommes de confiance aux commandes de l'appareil d'État.
C'est un document qui vient nourrir une polémique récurrente. Sur les réseaux sociaux, une lettre datée du 2 avril 2020 et signée de Ferdinand Ngoh Ngoh, alors secrétaire général de la Présidence de la République, refait surface. Elle est adressée au ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle.
Une demande de recommandation pour trois institutions stratégiques
L'objet de la correspondance est clair : « Demande de recommandation ». Le SGPR y transmet « pour compétence, la demande de recommandation pour un emploi au Port Autonome de Douala (PAD), Fonds Spécial d'Équipement et d'Intervention Intercommunal (FEICOM) et Aéroports du Cameroun (ADC), adressée à la Présidence de la République par Monsieur NGENG NGENG Etienne, Leader Jeune à Douala et titulaire d'un Diplôme d'Études Professionnelles Approfondies (DEPA) de l'ESSEC de l'Université de Douala ».
Le document porte les cachets de réception du ministère de l'Emploi et de la Formation professionnelle, datés des 6 et 8 avril 2020.
Un système de positionnement dénoncé
Pour les détracteurs du SGPR, cette lettre est l'illustration d'un système bien rodé : celui d'un homme qui utilise sa position au sommet de l'État pour placer ses obligés dans les institutions les plus stratégiques du pays. « Voilà comment Ferdinand Ngoh Ngoh passe son temps à positionner ses gens à des postes », dénonce un internaute.
Une critique qui n'est pas nouvelle. Le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh est régulièrement cité dans les luttes d'influence au sommet de l'État. Il est décrit comme l'un des hommes les plus puissants du régime, capable de peser sur les nominations et les arbitrages. Des observateurs évoquent même un « temple de Shaolin » construit dans son manoir à Nyom, symbole, selon eux, de son emprise et de sa confiance en sa propre puissance.
Un contexte de guerre des clans
Cette affaire intervient dans un contexte de vives tensions au sommet de l'État. Les luttes d'influence entre clans rivaux se sont intensifiées ces derniers mois, notamment autour de la succession de Paul Biya et de la nomination du Vice-Président de la République.
Le nom de Ferdinand Ngoh Ngoh est cité dans plusieurs dossiers sensibles, notamment l'affaire Martinez Zogo, où il est accusé par plusieurs témoins d'être le commanditaire de l'assassinat du journaliste. Il est également mentionné dans l'affaire du trafic d'or et dans les rivalités entre services de sécurité.









