« Vous voir dénoncer une "bande bien organisée" qui détruirait le Cameroun, c'est un peu comme voir un pyromane présider la commission d'enquête sur les feux de forêt. » Dans une lettre ouverte d'une rare violence adressée à Samuel Eto'o, Mamadou Mota, ancien premier vice-président du MRC, dézingue le président de la FECAFOOT. Il lui reproche d'instrumentaliser les déclarations d'anciens militants pour repeindre le MRC aux couleurs de ses propres déboires, de transformer la maison du football en « citadelle de l'intimidation » et de jouer les inquisiteurs moraux alors que les dossiers de détournements présumés s'accumulent. Un réquisitoire sans concession qui pose une question : Eto'o, produit et promoteur du régime Biya, peut-il réellement prétendre incarner l'alternative ?
MAMADOU MOTA DÉZINGUE COMPLÈTEMENT LE FEYMAN SAMUEL ETO‘O
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Monsieur le Président de la Fédération,
Il y a quelque chose de profondément fascinant et, avouons-le, de tragiquement comique à vous voir aujourd'hui endosser la robe de l'inquisiteur moral de la nation. Vous voir dénoncer, sur vos réseaux, une « bande bien organisée » qui détruirait le Cameroun, c’est un peu comme voir un pyromane présider la commission d'enquête sur les feux de forêt. On hésite entre le rire et la consternation.
Dans votre dernier accès de fièvre complotiste, vous instrumentalisez les déclarations d'anciens militants égarés pour tenter de repeindre le MRC aux couleurs de vos propres déboires. Quelle audace. Quelle indécence ! Le MRC n’a aucun intérêt dans vos guerres d'ego, et vos frasques récurrentes à la tête de la FECAFOOT n’engagent que vous, vos fiascos managériaux et vos obsessions de grandeur.
Parlons-en, de vos alliés. C'est le cimetière des amitiés trahies. Où sont passés ceux qui vous ont installé sur votre trône de Tsinga ?
Nettoyés, limogés, persécutés. Votre méthode est immuable : vous utilisez les gens comme des marchepieds avant de les jeter aux orties. Pire encore, vos supporters d'hier, ceux qui ont cru en votre projet, goûtent aujourd'hui pour certains à l’amertume des cellules pour avoir osé contester le prince. Vous punissez l’adulation déçue par l'incarcération, transformant la maison du football en une citadelle de l'intimidation.
Et pendant que vous cherchez des boucs émissaires politiques pour justifier vos échecs, les dossiers s'accumulent. Les rapports sur les supposés détournements, les millions volatilisés à l’instar de ce très curieux feuilleton des centaines de milliers d'euros russes que le football amateur vous réclame aujourd'hui à cor et à cri dessinent un tableau bien éloigné de l'intérêt général que vous prétendez défendre.
C'est ici que le spectacle devient grandiose : vous qui fustigez aujourd'hui le système, vous oubliez d'évoquer votre propre schizophrénie. Qui est le parfait soutien de Paul Biya ? Qui s'est affiché, corps et âme, en thuriféraire zélé du pouvoir en place ? C'est vous, Monsieur Eto'o. Vous êtes le produit et le promoteur de ce régime que vous feignez subtilement de critiquer lorsque vos propres intérêts sont menacés. Vous rêviez de la CAF, vous fantasmiez la FIFA, mais vous oubliez une règle élémentaire du jeu : le pouvoir de Yaoundé ne tolère les rois du ballon que tant qu’ils restent à leur place de serviteurs. En croyant pouvoir manipuler l’opinion par des diversions grossières, vous ne faites que tirer une énième balle dans votre propre pied. Le régime Biya au grand jamais ne voudra de vous ni à la tête de la CAF ni à la tête de la FIFA. Avec le MRC, c'est une lettre à la poste.
Oui, Monsieur Eto'o, vous avez raison sur un point : le Cameroun et les Camerounais méritent mieux. Ils méritent de vrais dirigeants, pas un éternel avant-centre qui passe son temps à rejouer le match de sa vie en marquant contre son propre camp.
Baba Bikkoy
Acheteurs des maillots L'IC
PS : Beas veut son billet pour la CAN, il ne pourra jamais s'acheter un maillot.









