Actualités of Friday, 18 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Bien-être de la population : Vincent Sosthène Fouda propose une voix à suivre

Appel à l'action Appel à l'action

Construire un grand hôpital relève de l'État, estime l'écrivain, journaliste, politologue Vincent Sosthène Fouda. « Mais organiser une campagne de sensibilisation sanitaire dans son quartier peut commencer par nous », nuance-t-il. Il fait une sortie à ce sujet qui intéresse beaucoup.

Réformer l'université relève des institutions. Mais créer un groupe d'entraide académique peut commencer par nous. La transformation nationale est la somme de milliers de transformations locales. Un pays ne change pas seulement dans les palais présidentiels. Il change aussi dans les salles de classe, les marchés, les ateliers, les exploitations agricoles, les laboratoires, les associations et les familles.

Refaire de la politique une affaire de citoyens

Il faut également que notre jeunesse cesse de croire que la politique se résume aux partis, aux nominations et aux élections. La politique, au sens noble, c'est la manière dont nous décidons de vivre ensemble. Alors informons-nous. Lisons les lois. Comprenons le fonctionnement de nos institutions.

Participons aux débats locaux. Demandons des comptes aux responsables publics dans le respect du droit. Observons les budgets publics. Refusons de banaliser la corruption. Refusons de vendre notre conscience pour un téléphone, une enveloppe, une promesse ou un poste. Une génération qui vend son vote à vil prix finit toujours par acheter très cher les conséquences de son choix.

Transformer les réseaux sociaux en réseaux d'action

Et surtout, récupérons nos réseaux sociaux. Chaque jeune devrait pouvoir se demander : Combien d'heures ai-je consacrées cette semaine à commenter le Cameroun et combien à améliorer quelque chose au Cameroun ?

Voilà la véritable question. Créons des réseaux de mentor at. Des réseaux de compétences. Des plateformes de mise en relation entre entrepreneurs. Des bibliothèques numériques. Des communautés scientifiques. Des réseaux d'entraide entre étudiants. Des plateformes de signalement citoyen respectueuses du droit. Des espaces où l'on apprend à vérifier l'information plutôt qu'à propager la rumeur. Faisons du numérique un outil de construction nationale et non une fabrique permanente de colère.

Une jeunesse qui compte ses actes

Je rêve d'une jeunesse camerounaise qui, chaque année, puisse présenter son bilan autrement. Pas seulement : « J'ai obtenu mon diplôme. » Mais : « J'ai formé dix jeunes ». « J'ai créé cinq emplois ». « J'ai accompagné vingt enfants dans leur scolarité ». « J'ai planté cent arbres ». « J'ai lancé une coopérative ». « J'ai publié un travail scientifique ». « J'ai créé une solution numérique ». « J'ai donné du temps à ma communauté ». « J'ai refusé la corruption ». « J'ai défendu quelqu'un qui ne pouvait pas se défendre seul ».

Voilà une autre manière de mesurer la réussite. Une nation se redresse lorsque ses citoyens commencent à compter leurs actes plutôt que leurs frustrations. Le Cameroun n'a pas besoin d'une jeunesse parfaite. Il a besoin d'une jeunesse qui commence. Une jeunesse qui accepte de travailler avec ceux qui ne lui ressemblent pas.

Une jeunesse qui dépasse les clivages régionaux, linguistiques, religieux, sociaux et politiques pour construire autour de projets concrets. Une jeunesse qui comprend que l'unité nationale n'est pas un slogan : c'est une pratique quotidienne. Alors oui, souvenons-nous de Ruben Um Nyobè. Mais ne faisons pas de sa mémoire une cérémonie annuelle. Faisons-en une obligation de conscience.

Il y a 68 ans, un homme tombait. Aujourd'hui, nous sommes debout. Et nous avons devant nous quelque chose que les générations précédentes n'avaient pas toujours : un boulevard ouvert par le savoir, le numérique, la mobilité, l'entrepreneuriat, la science et la possibilité de nous organiser autrement. Ce boulevard est devant nous. Mais un boulevard ne sert à rien si personne ne marche. Jeunesse camerounaise, marché. Marche dans tes écoles. Marche dans tes laboratoires. Marche dans tes champs. Marche dans tes entreprises. Marche dans tes associations. Marche dans tes communes. Marche dans tes bibliothèques. Marche dans tes quartiers. Marche dans la République.

Et surtout, ne demande plus seulement qui viendra sauver le Cameroun. Demande-toi ce que tu peux commencer à sauver aujourd'hui. Car les morts ont déjà donné leur part. À nous maintenant de donner la nôtre. La meilleure manière d'honorer ceux qui sont tombés pour que le Cameroun vive n'est pas de mourir à notre tour. C'est de vivre autrement. C'est de construire autrement. C'est de servir autrement. Et peut-être qu'un jour, une génération future se retournera vers nous et dira : Ils avaient hérité d'un pays difficile. Ils auraient pu se résigner. Ils auraient pu passer leur temps à se plaindre. Mais ils ont choisi de le redresser.