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Opinions of Thursday, 24 August 2017

Journaliste: Linjuom Mbowou

Cabral Libii vomi par un de ses anciens collaborateurs


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Cabral Libii est désavoué dans une lettre incendiaire par un de ses anciens collaborateurs qui se trouve être l’un des fondateurs de l’ADDEC (Association pour la Défense des Droits des Etudiants du Cameroun), Linjuom Mbowou.

Ci-dessous l'intégralité de la lettre:

J’ai été profondément troublé dans ma réserve par l’écho qui m’est parvenu de l’emission baptisée « entretien avec… », diffusée le 17 août dernier sur la chaîne de télévision STV.

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L’invité reçut à l’occasion, réagissant à des questions fort claires et précises que le présentateur de l’émission M. Dipita Tongo a eu soin de lui adresser, s’est répandu en déclarations par lesquelles il se prévaut de nos « excellentes amitiés » et évoque à renfort de faits imaginaires, un moment de l'histoire de la dissidente étudiante dans notre pays au cours duquel j’ai tenu un rôle de premier plan et peut donc à juste titre m’émouvoir et m’indigner des contre-vérités qui peuvent en être rapportées.

L'abjection du propos et des insinuations de l'invité de cette émission m'incline à lui refuser même jusqu'à l'honneur de le nommer ici. C’est l’occasion de rappeler d’emblée que la distance ou le silence ne supposent point l’absence ou le désintérêt. Des lieux du monde où, au fil de mes itinérances, je suis le cours de notre actualité, il y’a bien des sujets plus sérieux qui auraient mérité que je cède plus tôt à l’envie de me mêler aux bruits et aux fureurs de nos joutes publiques.

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Mais, parce que notre histoire commune aura, depuis la fondation de notre nation, pâti de tant d’attentats à la mémoire à coups de scélérates narrations, de légendes et d’héroïsmes contrefaits, je ne puis ne pas me résoudre aujourd’hui à l’exigence de salubrité qui m’oblige à livrer à l’Opinion la présente adresse en guise de mise au point et pour mémoire. Ce faisant, je n’ignore pas les travers de philistin qui guettent notre esprit public parfois prompt à prêter crédulité au premier diseur venu.

J’ai malgré tout le fol espoir que ce geste éclaire l’Opinion, et prévienne éventuellement les buts inavouables que l’entreprise de fabulation que j’ai perçue dans les propos de l’invité de cette émission, pourrait dissimuler.

Car en effet, de quoi peut retourner une telle déclaration ostentatoire d’amitié dont je ne trouve guère trace dans ma mémoire ? Une telle déclaration relève manifestement du détestable procédé consistant à vouloir conférer à ses affabulations ainsi qu’à sa personne, une apparence de crédibilité, en se réclamant de l’amitié d’honorables personnes dont les noms sont convoquées comme caution.

Il fallait donc qu’il se prévale de l’amitié des hérauts du combat estudiantin pour les libertés de ces années pour mieux brouiller les pistes. Pour autant que les mots ont bien encore un sens, moi qui fut à l’initiative de l’ADDEC, je n’ai souvenir d’aucun commencement de relation de cette sorte avec l’intéressé. Je me passerai d’avoir à citer tous les bobards proférés par l’intéressé, dont l’abjection ne cesse de me causer un haut-le-coeur. Il me suffit pour les dénoncer, d’indiquer que je n’ai de lui et de la période évoquée que le souvenir qu’il ne se signala à ma connaissance que dans des positions qui ne pouvaient que m’inspirer agacement, distance et désolation.



Un bref retour sur cette période (2004-2005) s’impose en effet. Ce faisant, on comprendra qu’il soit important que j’insiste d’abord sur un des aspects saillants du contexte de ces années touchant au rôle joué par certains étudiants dans l’appareil répressif, avant d’en venir à quelques faits en lien avec l’objet principal de mon propos.

L’université de ces années 2000, comme aujourd’hui sans doute et les années d’avant, était prise dans les rets d’une gouvernance policière. Pour nous qui avions adopté le parti de la critique et avions épousé la volonté résolue d’y construire un espace de la critique, il y’avait deux figures à redouter: l’indicateur et le provocateur. Sous la figure de « l’indic » se dissimulaient toutes celles et ceux qui étaient stipendiés à coups d’avantages divers.

Par la police, l’administration universitaire ou quelques autres officines, pour espionner le milieu étudiant et y empêcher toute forme de fronde et le développement d’opinions considérées comme hostiles au régime. Il y’en avait qui le faisait ouvertement. Et même pouvait de ce fait inspirer l’espèce de « respect » que l’on peut malgré tout concéder à celles et ceux qui laissent tomber les masques et assument ouvertement d’être des salauds. Nombre d’entre eux en effet étaient contraints par leurs conditions matérielles.

Dépourvus qu’ils étaient de tout capital relationnel, il trouvait dans cette sorte de besogne le seul moyen de se faire remarquer dans l’optique d’un emploi public. Certains ont « réussi » à ce jeu. Faut-il le leur reprocher ? Ils n’ont en réalité été que les victimes d’un régime qui, livre certains des moins nantis à la moralité fragile, au chantage de faire le sale boulot pour espérer le bout de pain qu’ils auraient pourtant mérité par d’honnêtes moyens. Mais les pires c’étaient les provocateurs. Ceux qui faisaient semblant de jouer la carte de la dissidence. A propos de « l’invité » de l’émission sus évoquée, je laisserai à chacun le soin de se faire sa propre opinion en rappelant ici quelques faits.

On se souvient en effet qu’en avril 2004 certains journaux et médias s’étaient fait l’échos d’un « Appel des jeunes » sous forme de pétition de soutien à la cause d’un « moderniste » du RDPC et sous la tutelle de celui-ci. Un Appel dont près d’un millier d’étudiants, auraient été signataires. Notre cher « invité » figurait dans le casting de cette opération médiatique dont nous ne vîmes alors curieusement aucune trace perceptible sur les campus en forme de mobilisation.

Nous comprendrons très vite qu’il s’agissait d’un montage d’esbroufe politique n’ayant eu manifestement pour seule fin que de nourrir de vent, la baudruche médiatique du patron politique et donneur d’ordre de ladite opération que fut M. Mila ASSOUTE. Sans doute réduit qu’il était dans sa courageuse solitude à faire recours à une telle manoeuvre faute de soutiens visibles et patents à l’aventure séditieuse qu’il engageait dans son parti. A moins qu’il fût manipulé par la clientèle de jeunes dont il s’était entouré et dont faisait partie l’invité de STV de vendredi dernier. Lesquels jeunes gens lui auraient alors brandi contre espèces sonnantes et trébuchantes, une liste de signataires qu’il n’eut point soin d’authentifier. En tout cas, cette association toute clientéliste et cette aventure de mercenariat pétitionnaire ne fut point de longue durée.

Ce mercenariat procurera néanmoins à cette clique d’étudiants des ressources leur ayant permis de se reconvertir par la suite dans un bizness manifestement plus rentable de fétide provocation au sein des campus. Bizness bien connu, hélas, dans notre pays et qu’il fallait opportunément activer face à la redoutable machine de mobilisation dissidente et cette fois bien réelle qu’un millier d’étudiantes et d’étudiants de Yaoundé, réunis le 31 mars 2004, à l’amphi 700 de l’Université de Yaoundé 1, mettront en branle.

En clair, la grande mobilisation qui fut à l’origine de la création de l’ADDEC intervint bien avant leur agitation. Comme avec l’UPC historique et d’autres mouvements politiques et syndicaux redoutés pour leur force de mobilisation, ce bizness devait consister pour eux à se faire passer pour une branche dissidente de l’ADDEC. Quoiqu’ils n’avaient alors aucun passif de lien avec les organes du tout nouveau syndicat étudiant. Ils furent en effet fermement éconduits quand ils tentèrent de s’en approcher ou voulurent prendre part à nos assises. J’y veilla personnellement. En effet, en plus de la méfiance que nous inspiraient les modalités obscures de leurs antécédents de crapules agitations, nous avions pu anticiper et nous protéger de leurs malveillances, en comptant sur quelques rares et discrètes sympathies dans l’appareil administratif. Sympathies grâce auxquelles nous avions pu avoir connaissance de notes établissant leurs liens avec une officine du MINESUP contre rémunérations en forme de stages fictifs et de chambres à la cité universitaire.

En tout cas, mal leur en a pris parce que le travail de construction sociale de ce syndicat étudiant était fortement enraciné et légitimé par des assemblées populaires ouvertes, démocratiques et organisé par un groupe dirigeant cohérent et intègre qui a tenu jusqu’au bout. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui menaceront de les lyncher lors de la grève de 2005 de sorte qu’ils seront contraints de démobiliser leur crapulerie et de faire profil bas. Ils seront utilisés par la suite pour multiplier des manœuvres d’obstruction à Soa en jouant aux gardes-chiourmes du campus. Des emplois discrétionnairement octroyés à quelques-uns dans cette université ou ailleurs pour d’autres, récompenseront manifestement leurs faits d’armes de basse police et de provocation. Je ne doute pas qu’un léger travail de journalisme d’investigation puisse suffire à éclairer advantage ces pistes que je livre dans l’urgence de ce geste épistolaire que des écrits plus consequents ne manqueront pas de compléter. Il suffit au demeurant de faire une exégèse plus sérieuse des trajectoires et recouper la chronologie des évènements que votre invité n’a pas manqué de malmener, pour éventer les légendes et séparer le bon grain de l’ivraie.

Quelles leçons de choses retenir donc ? Sans doute que l’histoire mérite notre plus grand respect. La tranche d’histoire évoquée au fil de cette adresse est en effet celle pour laquelle UFEINI IVO, MOMO BENETT, ALOYSIUS ABOUAM, GILBERT NFORLEM, ENOW LAURA, les véritables héros de ces années, sont morts. Morts pour la cause des libertés et de leur désir de faire des universités le creuset d’un travail de réinvention démocratique de notre pays. Ce faisant, la première des vertus devrait être pour chacun de reconnaître dans quel camp il s’est trouvé et d’assumer ses choix et son parcours. Parce que dans toute démocratie, modèle de société auquel nous aspirons, le passage dans l’espace public doit être en tout temps une épreuve de vérité ou de mise à l’épreuve de la vérité de soi. Il est aussi évident que le régime sait reconnaître les siens, puisqu’il leur épargne les turpitudes d’arrestations et de fallacieux procès. Preuve que ce qu’on voit de leurs agitations ne sont que faux-semblants et ne servent qu’à offrir des soupapes fonctionnelles au régime.

Nombre de ceux, issus de la même engeance que cet invité de STV, ont préféré se faire modestes et se contentent aujourd’hui de profiter de leur soupe chèrement gagnée au prix de forfaitures dont ils ne sont sans doute point fiers. Mais manifestement, il croit aujourd’hui quant à lui pouvoir impunément abuser de la crédulité publique et s’offrir à coups de campagnes de blanchiment biographique, une virginité contrefaite au point d’entraîner dans cette perfidie, de bonnes âmes sincères.

A l’ère des réseaux sociaux où chacun est archiviste et historien du présent, ce qui a marché hier dans notre pays, ne prospérera point aujourd’hui. Il va falloir donc que chacun assume qui il est. On peut toujours s’excuser quand on a été de la meute des bourreaux. Nul n’est exempt de fautes ou de torts. Face à ses fautes ou ses crimes d’hier, on peut toujours demander pardon. J’ai beaucoup appris de Mandela qui a pardonné à ses bourreaux et leurs complices.

Au demeurant, j’aurai tant aimé ne pas avoir à m’occuper des saloperies de ma génération (il m’est en effet particulièrement pénible d’être ainsi forcé à le faire) au moment où des tâches plus importantes nous attendent. Mais, hélas, il va falloir justement à cette génération, pour hâter la sortie de la grande nuit présente, s’employer sans haine ni rancoeur à enlever la paille qui lui barre la vue en même temps qu’elle s’échine à éliminer la poutre de l’oeil des vieillards qui tiennent aveuglément encore le gouvernail de la cité. Au risque de la conduire vers d’ultimes périls.

Autrement…on aura plus que la tirade du poète à entonner …Out, out, brief candle !… poor player, that struts and frets his hour upon the stage, and then is heard no more : It is a tale, told by an idiot, full of sound and fury, signifying nothing.

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