Actualités of Friday, 31 July 2026
Source: www.camerounweb.com
Le président du Bangladesh, Mohammed Shahabuddin, a annoncé sa démission pour raisons de santé, évoquant « plusieurs complications de santé » dans une correspondance adressée au Parlement. Diagnostiqué d'une neuropathie autonome qui provoque des pertes de conscience, il quitte le fauteuil présidentiel en milieu de mandat, trois ans après son arrivée au pouvoir en 2023. Un parallèle troublant avec la situation camerounaise, où Paul Biya, 93 ans, séjourne en Suisse depuis plus de 50 jours sans que son état de santé réel ne soit officiellement communiqué.
Au Bangladesh, la démission de Mohammed Shahabuddin pour raisons de santé, bien que tardive, met fin à une situation d'incertitude. En coulisses, des sources évoquent un président épuisé par la pression croissante d'un mouvement étudiant, le même qui avait déjà provoqué la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina. La Constitution bangladaise impose au Parlement d'organiser des élections dans un délai de 90 jours.
Au Cameroun, aucune démission n'est à l'ordre du jour. Mais l'absence prolongée de Paul Biya, 93 ans, depuis le 7 juin 2026 pour un « court séjour privé » en Suisse, interroge. Le gouvernement a démenti toute hospitalisation, mais le séjour s'est prolongé bien au-delà des délais annoncés, et aucune image récente ni déclaration officielle n'a été communiquée.
Le départ du président bangladais pour raisons de santé rappelle que l'incapacité d'un chef d'État à exercer ses fonctions peut conduire à une vacance du pouvoir, même en l'absence de démission formelle. Au Cameroun, la question est posée avec acuité : depuis 50 jours, Paul Biya n'a pas posé le pied sur le territoire national, et les décrets signés depuis la Suisse sont contestés par certains juristes.
Le contraste est saisissant. À Dacca, un président épuisé a choisi de partir plutôt que de laisser le pays dans l'incertitude. À Yaoundé, un président invisible s'accroche à un pouvoir qu'il n'exerce plus que par procuration, tandis que les clans du sérail se préparent à une succession qui pourrait dégénérer en crise ouverte.
Le Bangladesh a une solution : la Constitution impose des élections dans les 90 jours. Au Cameroun, la Constitution de 1996 prévoit la vacance du pouvoir en cas de décès, de démission ou d'empêchement définitif constaté par le Conseil constitutionnel. Mais le Conseil, composé d'obligés de Paul Biya, n'a jamais constaté d'empêchement définitif, même en l'absence prolongée du chef de l'État.
L'absence de Paul Biya, le plus vieux président en exercice au monde, continue d'alimenter les spéculations. La démission du président du Bangladesh pour raisons de santé offre un éclairage troublant sur la situation camerounaise : dans un cas, la raison l'emporte ; dans l'autre, le silence.