Le feuilleton du banc de touche des Lions Indomptables a connu un nouvel épisode avec la sortie de Cyrille Tollo, conseiller technique n°2 au ministère des Sports et de l'Éducation physique (Minsep), qui a clarifié la situation contractuelle de Marc Brys tout en pointant une zone d'ombre juridique concernant son successeur de fait, David Pagou.
Selon Cyrille Tollo, le contrat liant l'État camerounais au technicien belge s'est achevé le 7 septembre, et son salaire a été payé jusqu'à cette échéance. Cette confirmation clôt officiellement un dossier administratif qui aura duré près d'un an : recruté en avril 2024 par le ministère des Sports pour un contrat de vingt-neuf mois, Marc Brys avait été écarté du banc des Lions Indomptables dès le 1er décembre 2025 par le Comité d'urgence de la Fédération camerounaise de football (Fecafoot), présidé par Samuel Eto'o, qui lui avait préféré David Pagou. Mais l'État avait refusé d'acter ce limogeage, maintenant Marc Brys sous contrat et continuant de lui verser l'intégralité de son salaire — situation ubuesque qui a vu le technicien belge toucher sa rémunération, primes de CAN comprises, sans plus jamais siéger sur le banc camerounais. Le coût total de cet épisode pour les finances publiques est estimé à 316 millions de francs CFA.
Pagou, un sélectionneur sans salaire d'État
C'est sur le statut de David Pagou que les propos de Cyrille Tollo prennent tout leur relief. Le conseiller technique du Minsep a été catégorique : l'entraîneur actuel des Lions Indomptables ne perçoit aucun salaire de l'État, sa nomination relevant exclusivement de la Fecafoot, à qui il revient donc, selon lui, d'assurer sa rémunération.
Un problème de détachement administratif non résolu
Plus significatif encore, Cyrille Tollo a soulevé un point de droit administratif qui pourrait compliquer la suite du dossier : David Pagou demeure un fonctionnaire du ministère des Sports. Pour exercer au sein d'un autre organisme, en l'occurrence la Fecafoot, il doit selon les règles de la fonction publique camerounaise obtenir une autorisation et faire l'objet d'un détachement en bonne et due forme — une procédure qui, à en croire cette déclaration, ne semble pas encore avoir été régularisée.
Cette clarification intervient après plusieurs mois de bras de fer ouvert entre le ministère des Sports et la Fecafoot sur la question de la compétence à désigner le sélectionneur national, un conflit institutionnel qui avait déjà valu à Marc Brys de vivre une fin de mandat particulièrement chaotique, entre suspension de fait et maintien contractuel. Si le départ de Brys est désormais acté sans ambiguïté, les propos de Cyrille Tollo suggèrent que la question du statut administratif de David Pagou, et donc de la pleine régularisation de son autorité sur le banc des Lions Indomptables, n'est pas encore totalement tranchée.









