L'annonce par Gianni Infantino de sa candidature à sa propre succession à la présidence de la Fédération internationale de football association, pour l'élection prévue le 18 mars 2027 à Rabat, continue d'alimenter un débat animé au sein de l'opinion publique africaine. Sur les réseaux sociaux, l'appel lancé par Ernest Obama en faveur d'une candidature africaine — le nom de l'ancien international libérien et ex-président George Weah ayant été avancé — a suscité une réponse argumentée de Jim Noah, qui appelle à dépasser la seule logique d'origine continentale.
Ernest Obama avait publiquement plaidé pour qu'un candidat africain se présente à la tête de la Fifa, proposant la candidature de George Weah, unique Ballon d'or africain de l'histoire et ancien président du Liberia. Un appel qui s'inscrit dans un contexte où la candidature de Gianni Infantino, bien que soutenue officiellement par la Confédération africaine de football (CAF), traverse une zone de turbulences : plusieurs fédérations européennes, dont la Fédération française de football le 10 septembre dernier, ont retiré leur soutien au dirigeant suisse, en délicatesse depuis l'abandon controversé de son projet d'ouvrir une partie des revenus commerciaux de la Coupe du monde à des investisseurs privés.
La réponse de Jim Noah : sortir de la « mentalité communautariste »
Dans une réponse publique adressée à Ernest Obama, Jim Noah nuance fermement cette approche. Sans contester la légitimité de la préoccupation soulevée, il affirme que l'origine africaine d'un candidat ne saurait garantir automatiquement le soutien des 54 fédérations du continent. Pour lui, il est nécessaire de sortir d'une logique communautariste qui voudrait que chacun soit tenu de voter pour un candidat de sa propre communauté, insistant sur le fait que le vote ne devrait reposer ni sur la couleur de peau ni sur l'origine, mais sur la valeur du candidat, sa vision et la qualité de son projet pour le football mondial.
Jim Noah va plus loin en interrogeant directement ses interlocuteurs sur le bilan du président sortant vis-à-vis du continent, estimant que personne ne peut aujourd'hui contester qu'Infantino ait « travaillé à redorer le blason du football africain ». Un argument qui fait écho au soutien officiel maintenu par la CAF à l'égard du dirigeant suisse, malgré la fronde grandissante de plusieurs fédérations européennes.
Au cœur de l'argumentaire de Jim Noah figure une distinction entre deux logiques : celle, selon lui dépassée, d'une solidarité automatique fondée sur l'appartenance géographique, et celle qu'il appelle de ses vœux, fondée sur une réelle convergence d'idées et la capacité du futur président à défendre concrètement les intérêts stratégiques du continent au sein des instances dirigeantes du football mondial. « L'objectif est d'accorder sa voix à celui qui sert ou qui servira le mieux les intérêts du continent, peu importe son origine », résume-t-il.
Cet échange, loin d'être isolé, illustre les divergences qui traversent l'opinion africaine à l'approche d'une échéance électorale majeure pour la gouvernance du football mondial. Alors que la date limite de dépôt des candidatures est fixée au 18 novembre 2026 et qu'aucun candidat de poids ne s'est pour l'instant officiellement déclaré face à Gianni Infantino, la question de savoir si le continent doit privilégier une candidature africaine par principe, ou continuer à soutenir un dirigeant sortant jugé favorable à ses intérêts, est loin d'être tranchée.









