À l'occasion du 8e anniversaire d'un événement survenu le 25 mai 2018 dans la localité de Menka, dans le Nord-Ouest du Cameroun, des accusations circulent à nouveau sur les réseaux sociaux. Certaines sources évoquent la mort de plusieurs jeunes, sans qu'aucune condamnation judiciaire n'ait jamais été prononcée. Les faits, qui s'inscrivent dans le contexte de la crise anglophone, continuent d'alimenter les débats entre partisans et détracteurs du régime. Les autorités judiciaires n'ont pas encore réagi à ces nouvelles allégations.
DEVOIR DE MÉMOIRE — 25 MAI 2018 – 25 MAI 2026 : IL Y A 8 ANS, ATANGA NJI ORDONNAIT L’ÉLIMINATION PHYSIQUE D’UNE TRENTAINE DE JEUNES À MENKA-PINYIN
Nommé ministre de l’Administration territoriale le 2 mars 2018, ancien agent secret et secrétaire permanent du fantomatique Conseil national de la sécurité, Paul Atanga Nji abat, au plus fort de la crise anglophone, ses premières cartes dans ce qui s’apparente à une série de crimes contre l’humanité.
Le 25 mai 2018, au lieu-dit Star Motel, dans la localité de Menka, à Pinyin, dans la région anglophone du Nord-Ouest, 32 jeunes, dont cinq filles, sont sommairement exécutés. Nos enquêtes révélaient à l’époque qu’il s’agissait de jeunes armés et financés par Atanga Nji afin de commettre des atrocités, puis de les faire passer pour des combattants ambazoniens.
Mais ce groupe de jeunes serait devenu incontrôlable, allant jusqu’à vandaliser des palais royaux. Craignant qu’ils ne finissent par dénoncer leur commanditaire s’ils étaient traduits devant les tribunaux, Atanga Nji aurait alors ordonné leur élimination physique.
Pour exécuter ce plan, le chef traditionnel de Menka, le Fon Asobo Pius Ngu, aurait été mis à contribution afin de les piéger. Selon nos informations, le monarque local les invite à manger et à boire au Star Hotel, un établissement appartenant à son fils, Shey Cletus.
Le Fon Asobo se trouvait alors en compagnie de militaires en civil. Ces derniers, positionnés à l’intérieur du motel, auraient soudainement ouvert le feu sur les jeunes avant de prendre la fuite à bord d’une Prado noire, en compagnie du Fon Asobo.
Huit ans après, cette exécution sommaire et extrajudiciaire, comme tant d’autres crimes présumés commis par les sécurocrates du régime Biya dans le cadre de la crise anglophone, sombre peu à peu dans les tiroirs de l’oubli.









