Actualités of Wednesday, 11 February 2026
Source: www.camerounweb.com
Coup de filet pour les douaniers d'Ekok. Le dimanche 8 février 2026, les éléments de la Brigade Commerciale des Douanes de cette localité frontalière du Sud-Ouest ont procédé à la saisie de 118 munitions de chasse de calibre 12, dissimulées dans un véhicule de tourisme.
La cargaison, soigneusement cachée sous le capot du véhicule, aurait pu passer inaperçue sans l'exploitation d'une information stratégique par les services douaniers. Le véhicule, en provenance du Nigéria voisin, avait pour destination finale Bamenda, chef-lieu de la région du Nord-Ouest.
Cette découverte témoigne du niveau de sophistication des trafiquants, qui utilisent des méthodes de dissimulation de plus en plus élaborées pour échapper aux contrôles. Le choix de dissimuler les munitions sous le capot, là où les contrôles sont moins systématiques, illustre cette évolution des techniques de contrebande.
La route empruntée par ce véhicule n'est pas anodine. Partant du Nigéria pour rejoindre Bamenda en passant par Ekok, elle traverse des zones où la sécurité demeure une préoccupation majeure depuis plusieurs années. Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest connaissent en effet des tensions sécuritaires persistantes.
Dans ce contexte, l'interception de munitions à destination de Bamenda revêt une importance particulière. Les autorités surveillent de près tout trafic d'armes ou de munitions susceptible d'alimenter l'insécurité dans ces régions.
Si les munitions de calibre 12 sont théoriquement destinées à la chasse, leur détournement pose un problème de sécurité bien plus vaste. Les douanes camerounaises rappellent à juste titre que "la poudre issue des munitions de chasse est parfois détournée pour la fabrication d'engins explosifs improvisés".
Cette pratique, documentée dans plusieurs conflits à travers le monde, consiste à extraire la poudre explosive des cartouches de chasse pour fabriquer des dispositifs artisanaux dangereux. Une seule munition contient suffisamment de poudre pour causer des dégâts importants lorsqu'elle est utilisée dans un engin improvisé.
Avec 118 munitions interceptées, c'est donc potentiellement une quantité considérable d'explosifs qui a été retirée de la circulation.
Cette saisie n'est pas le fruit du hasard. Les services douaniers précisent qu'elle résulte de "l'exploitation efficace d'une information". Un élément qui souligne l'importance du renseignement dans la lutte contre les trafics illicites.
Que cette information provienne d'une dénonciation, d'une surveillance ciblée ou d'une coopération transfrontalière, elle démontre que les douanes ne se contentent pas de contrôles routiniers mais s'appuient sur un travail de renseignement structuré.
Cette opération "confirme la vigilance et le professionnalisme des équipes sur le terrain", selon les services douaniers. Elle s'inscrit dans une série d'actions menées par la Brigade Commerciale d'Ekok, positionnée sur l'un des axes stratégiques du commerce transfrontalier entre le Cameroun et le Nigéria.
La frontière camerounaise avec le Nigéria, longue de près de 1 700 kilomètres, constitue un défi permanent pour les services de sécurité. Entre trafics de carburant, de denrées alimentaires, de produits pharmaceutiques et désormais de munitions, les douaniers d'Ekok sont en première ligne.
Au-delà de l'aspect commercial, cette saisie "contribue à renforcer la sécurité nationale et à protéger les populations contre d'éventuelles menaces", soulignent les Douanes. Un message qui résonne particulièrement dans le contexte actuel des régions anglophones.
En interceptant ces munitions avant qu'elles n'atteignent leur destination finale, les douaniers ont potentiellement prévenu leur utilisation à des fins criminelles ou leur détournement pour la fabrication d'explosifs.
Les Douanes camerounaises "réaffirment leur engagement constant dans la lutte contre les trafics illicites et la préservation de l'ordre public". Cette déclaration intervient alors que les autorités multiplient les actions pour sécuriser les zones sensibles du pays.
D'autres opérations similaires ont été menées ces derniers mois le long de la frontière nigériane, témoignant d'une stratégie globale de lutte contre les trafics transfrontaliers.
Si les détails de l'arrestation n'ont pas été communiqués, il est probable que le conducteur du véhicule et d'éventuels complices fassent l'objet d'une enquête approfondie. Les autorités chercheront notamment à identifier le commanditaire de ce trafic, les destinataires finaux des munitions, et l'étendue du réseau impliqué.
Cette saisie pourrait n'être que la partie visible d'un trafic plus vaste, nécessitant une coopération renforcée entre les services de sécurité camerounais et nigérians.
En attendant, les 118 munitions de calibre 12 sont désormais hors de circulation, témoignant de l'efficacité des dispositifs de contrôle mis en place à Ekok.