Actualités of Thursday, 5 February 2026
Source: www.camerounweb.com
La rétention prolongée du corps d'Anicet Georges Ekane, décédé dans des circonstances encore obscures, constitue une "atteinte grave à la dignité humaine, aux droits fondamentaux des proches du défunt, ainsi qu'aux valeurs sociales, culturelles et républicaines" du Cameroun. C'est en ces termes fermes que l'organisation United4Cameroon interpelle le ministre délégué à la Défense, Joseph Beti Assomo, dans un courrier officiel transmis par huissier.
Plus de deux semaines après le décès du président du parti MANIDEM, sa famille attend toujours la restitution de sa dépouille, une situation que l'organisation de défense des droits humains qualifie d'inacceptable et contraire aux principes les plus élémentaires de respect de la personne humaine.
United4Cameroon affirme avoir constaté "avec une profonde inquiétude que la mort de Monsieur Anicet Georges Ekane est entourée de zones d'ombre persistantes, à ce jour non dissipées par une communication officielle claire, cohérente et transparente".
L'organisation pointe du doigt les conditions dans lesquelles l'autopsie aurait été réalisée : "Les informations disponibles font état de graves irrégularités procédurales, notamment en ce qui concerne les conditions dans lesquelles l'autopsie a été réalisée, sans que les garanties minimales de transparence et de crédibilité ne soient pleinement établies."
Ces manquements aux procédures standard soulèvent des questions légitimes sur l'indépendance et la fiabilité des conclusions qui pourraient en découler, selon l'organisation camerounaise engagée dans la lutte contre les injustices et l'impunité.
"Une telle situation constitue une atteinte grave à la dignité humaine", insiste United4Cameroon dans sa lettre au ministre. La rétention du corps empêche la famille d'accomplir les rites funéraires conformes à leurs traditions et croyances, un droit pourtant fondamental reconnu par les conventions internationales relatives aux droits humains.
L'organisation rappelle que les demandes légitimes de restitution formulées par la famille d'Anicet Ekane sont restées sans réponse satisfaisante, aggravant la souffrance des proches endeuillés et alimentant le sentiment d'injustice au sein de la communauté.
"Les droits fondamentaux des proches du défunt" sont bafoués par cette situation, tout comme "les valeurs sociales, culturelles et républicaines de notre pays", déplore l'organisation qui se présente comme "une chaîne solidaire pour la liberté, la démocratie et la dignité du peuple camerounais".
Un appel solennel aux standards internationaux
Dans son interpellation, United4Cameroon ne se contente pas de dénoncer. Elle formule des recommandations précises conformes aux normes internationales en matière de droits humains :
Une enquête indépendante et crédible doit être garantie, répondant aux standards nationaux et internationaux en la matière. Cette investigation doit être conduite avec impartialité pour déterminer les causes réelles du décès et établir les éventuelles responsabilités.
La clarification urgente des circonstances exactes entourant la mort de M. Ekane est présentée comme une exigence non négociable pour restaurer la confiance de l'opinion publique et respecter la mémoire du défunt.
Surtout, l'organisation réclame "la restitution sans délai de la dépouille à la famille du défunt", soulignant que ce geste élémentaire d'humanité ne peut souffrir aucun délai supplémentaire.
Au-delà du cas individuel, United4Cameroon souligne les enjeux plus larges de cette affaire. La gestion de ce dossier affecte directement "l'image et la crédibilité du Cameroun sur la scène internationale, notamment en matière de respect de l'État de droit, de bonne gouvernance et de protection des droits humains".
"Seule une gestion responsable, respectueuse de la vérité et des droits humains permettra de préserver la paix sociale et l'honneur des institutions de la République", conclut le document signé par Serges Ghislain Siaken, coordinateur chargé des projets, depuis Genève où l'organisation maintient une présence active.
L'organisation appelle également à "une communication officielle transparente de nature à rassurer la population et prévenir toute escalade des tensions", estimant que la transparence est la seule voie pour apaiser les inquiétudes légitimes de la société civile camerounaise.
Le ministère de la Défense n'a pas encore répondu publiquement à cette interpellation formelle. L'affaire Anicet Ekane s'inscrit dans un contexte plus large de questionnements sur le respect des libertés fondamentales et des procédures judiciaires au Cameroun, un débat qui dépasse désormais les frontières nationales.