Actualités Régionales of Tuesday, 19 May 2026

Source: www.camerounweb.com

Vision tribale et haineuse : Sa Majesté Pierre Mila Assoute détruit Elimby Lobe

Le Pr Pierre Mila Assouté critique les propos d’Elimbi Lobe sur la représentation des populations autochtones à Douala, estimant que son discours est mal formulé, excessif et teinté de xénophobie. Selon lui, le véritable problème concerne plutôt la représentation sociologique et le découpage des circonscriptions électorales, et non une opposition entre autochtones et autres communautés. Il rappelle que la loi électorale camerounaise se base sur les électeurs inscrits dans une circonscription, sans distinction ethnique ou territoriale, et que tout citoyen a le droit de voter ou de se présenter là où il réside. Pour lui, toute réforme devrait passer par une révision des lois électorales et non par des discours identitaires.

Khalil, avec toute l’estime que j’ai pour toi, je voudrais dire que si ta question renvoie à la préoccupation d’Elimbi Lobe à Douala, dans ce qu’il appelle « les Littoraliens », je vais te donner mon positionnement.

D’abord, si Elimbi Lobe soulève un véritable problème de représentation sociologique ou communautaire — si je comprends bien son plaidoyer — je dois dire que cette problématique est, selon moi, très mal posée, brutale dans sa formulation et surtout réfractaire à l’unité nationale, voire aux dispositions actuelles de la Constitution et des lois électorales.

En réalité, Elimbi Lobe pose un problème lié au découpage des circonscriptions électorales spéciales, mais il l’exprime sur un fond de xénophobie particulièrement violente dans le langage traduisant parfois une sorte de haine. Je crois d’ailleurs que plusieurs chefs Sawa le pensent également. S’ils ne le pensent pas il serait temps de s’y pencher.

Pour régler cette question, il faudrait plutôt envisager une augmentation du nombre de sièges au Parlement camerounais afin de mieux refléter la réalité sociologique nationale. A l’intérieur de certaines régions apparemment homogènes il se pose les problèmes étouffés de représentations tribales.

Pourquoi est-ce que je pense que la thèse défendue par Elimbi Lobe ne peut pas prospérer et n’a pas d’avenir ?

Les partis politiques sont libres de constituer leurs listes de candidats en respectant la composition sociologique de la circonscription électorale, et non celle d’un territoire traditionnel.

Qu’est-ce que le législateur met dans la notion de circonscription électorale ?
Il y met les électeurs inscrits. Point.

Tout électeur inscrit a le droit d’être candidat à une élection dans la circonscription électorale de sa résidence. Il est libre dans l’isoloir. ELECAM respecte uniquement cette prescription légale. Chaque parti construit donc sa liste en fonction d’une stratégie de victoire intégrant le poids électoral des candidats dans la circonscription électorale. Je répète que la loi ne vise pas le territoire traditionnel.

Pour modifier cette situation, il faudrait alors réviser les lois électorales. Ce qui ne me semble pas dépendre des émotions d’un citoyen qui l’exprime.

Cependant, cette posture me paraît peu futuriste, parce que les villes portuaires attirent toujours un grand nombre d’investisseurs, de travailleurs et de chercheurs d’emplois qui s’y installent, y fondent des familles et deviennent parfois citoyens du pays concerné — dans le cas du Cameroun. Il faut savoir chaque fois que le Cameroun accorde la nationalité a un non camerounais d’origine il Lui accorde Tous Les droits citoyens a Lui et à sa descendance sans Lui imposer une ville de résidence... Puisqu’il n’appartient à aucune ethnie a-t-il le droit de voter ou de candidater à une élection? La réponse est oui. Et si on a 100.000 citoyens de cette catégorie à Douala ou à Sanzo et qu’ils sont inscrits que font Les défenseurs de la thèse de Elimbi Lobe?

D’autres pays connaissent les mêmes réalités autour des grandes villes portuaires. Cette dynamique ne s’arrêtera pas de sitôt.

Le Kenya constitue d’ailleurs une école d’observation intéressante pour notre pays.
Il faut donc assurer la représentation des populations autochtones sans croire qu’il soit possible d’effacer la représentation des autres catégories sociales camerounaises, dont le nombre est croissant dans certaines grandes cités.

L’unité nationale a un prix que dans 1e siècle le Camerounais de toute origine doit se préparer à payer. Celui de la dissolution des différences dans la république du Cameroun. Je n’ai pas dit dilution des ethnies dans d'autres...En attendant il faut gérer les différences en assurant à chaque groupe sociologique historiquement constitué la présence à la table de représentativité nationale.

Prof chief Pierre Mila Assoute