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Regional News of Friday, 1 December 2017

Source: chateaunews.com

Prise d’otages:plus d’un milliards de rançon versé dans l’Adamaoua


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L‘argent versé aux ravisseurs par les familles des victimes se chiffre à des centaines de millions de F CFA.

« LES POUVOIRS PUBLICS SONT INSENSIBLES AU DÉSARROI DANS LEQUEL EST PLONGÉ DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES L’ACTIVITÉ AGROPASTORALE, DÛ À L’INSÉCURITÉ QUI RÈGNE DANS LA RÉGION »

Peut-on lire dans le mémorandum de l’Adamaoua. Ce mémorandum, rédigé par Abbo Hamadjoulde au nom du cercle des élites de l’Adamaoua dénonce l’inaction des pouvoirs publics qui a tout l’air de discrimination à l’égard des populations locales meurtries. L’intensification et la multiplication des exactions par les preneurs d’otages ont une incidence destructrice sur la principale activité en l’occurrence l’élevage bovine et a causé l’exode massif des éleveurs vers la ville.

Psychose autour des pâturages

La situation dans les villages est dramatique. Les villageois vivent dans la psychose totale.

« Nous vivons dans une peur permanente en particulier la nuit, puisque les enlèvements se passent à cette période. Une fois leur forfait commis, les ravisseurs et leurs otages s’évanouissent dans la nature avant que l’alerte ne soit donnée. Peu de temps après leurs forfaits, les kidnappeurs donnent des indications précises sur les conditions de la remise de la rançon et énonce le risque que la famille ferait courir aux otages si elle ne respectait pas ces instructions » relate un chef de village, qui a élit domicile à Ngaoundéré.


Les éleveurs n’ose pas signaler l’enlèvement de l’un de leurs, de crainte que des représailles s’abattent sur l’otage.

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Chute du prix de vente des bovins

Face à la dégradation de l’environnement sécuritaire, l’autorité publique fait un constat amer.

« La persistance des activités haineuses des coupeurs de route est lié aux conflits transfrontaliers nés au Nigeria et en Centrafrique » concède le gouverneur de la région Kildadi Boukar.
Pour sa part, le Délégué régional de l’élevage, de pêche et des industries animales dresse un bilan sombre de l’année 2017 :

« Depuis le début de cette année plus d’un milliard de F CFA de rançon payés aux ravisseurs ont été enregistrés par nos services. Par ailleurs cela a induit, la baisse des prix de vente des bovins, une chute du prix de 40% sur les marchés locaux et la baisse de la production laitière et bovine. En outre la tendance est à l’appauvrissement croissant des éleveurs. Enfin l’exode des cheptels a induit des pathologies » renchérit Moussa Yaya.
Statut très précaire des bergers

Le moyen pour mettre hors d’état de nuire tous ces hommes qui fauchent la vie sans aucun remord réside dans la prise en compte du statut très précaire du métier de berger. De bonne source, les coupeurs de route se recrute parmi ces mêmes pasteurs qui n’hésitent pas à changer de fusils d’épaules pour se transformer en bourreau de leurs maîtres.

« UN BERGER EST PAYÉ 15000 FRANCS LE MOIS »

regrette Moussa Yaya, régional de l’élevage dans l’Adamaoua. Il est vain d’espérer venir à bout de ce phénomène si on ne prend pas conscience des réalités qui l’alimente.

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