La rentrée a sonné, mais plusieurs salles de classe sont restées vides dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Un mot d’ordre de confinement attribué à des groupes séparatistes a pesé sur les déplacements, malgré les appels des autorités à reprendre les cours.
Des médias locaux ont observé une faible fréquentation dans certaines écoles de Bamenda et des rues calmes. Des menaces ont circulé en ligne. Leur origine n’est pas toujours vérifiable, mais la peur suffit souvent à immobiliser familles, transports et commerces.
Les autorités disent avoir renforcé les patrouilles. Cela ne résout pas le dilemme parental : envoyer un enfant peut sembler dangereux, le garder à la maison compromet son apprentissage. Cette décision est devenue une conséquence durable du conflit commencé en 2016 et militarisé en 2017.
L’éducation a déjà été visée par des enlèvements, des attaques et des incendies documentés. Les enfants déplacés changent parfois de langue d’enseignement ou abandonnent entièrement l’école. Une rentrée réussie ne se mesure donc pas seulement à l’ouverture administrative des établissements, mais au retour réel et sûr des élèves.
Des chiffres de présence par école éviteront les généralisations. Autorités, communautés et partenaires doivent protéger les enseignants. Aucun objectif politique ne justifie de priver une génération de son droit à apprendre.









