Les habitants de Baingeh affichent un large sourire depuis le mercredi 04 mars, à la suite du remplacement complet du personnel militaire intervenu dans le quartier Baingeh, à Njinikom, dans la division du Boyo, après une intervention de haut niveau des commandements régionaux.
Selon les informations relayées par nos confrères de Cameroon News Agency (CNA), l’opération a débuté mercredi matin lorsqu’un convoi militaire en provenance de Bamenda s’est rendu au Palais de Laikom. À leur retour, les militaires auraient interpellé l’unité en service au poste de contrôle de Baingeh, accusée de harceler quotidiennement la population.
Une source proche du dossier, ayant requis l’anonymat, a indiqué que l’intervention pourrait avoir été déclenchée par un incident survenu le lundi 23 février, lorsque des soldats auraient agressé des mascarades traditionnelles du Palais Kom de Laikom qui revenaient d’une cérémonie.
Outre cette confrontation avec les « fétiches » du palais, l’unité aurait également été impliquée dans un autre incident au cours duquel des tirs auraient été effectués sur un camion arrivant en sens inverse, blessant un civil.
Les militaires relevés de leurs fonctions faisaient aussi l’objet de nombreuses accusations de la part de la communauté locale, notamment :
• la saisie du champ de légumes d’une femme pour leur propre récolte;
• l’intimidation des habitants afin de s’approprier de la farine de maïs et d’autres denrées alimentaires essentielles.
Bien que les autorités militaires régionales n’aient pas officiellement confirmé ces accusations comme étant à l’origine des mesures disciplinaires prises et du transfert des soldats vers Bamenda, l’arrivée de la nouvelle unité est observée avec prudence par la communauté de la division du Boyo.
Selon des témoignages locaux, les soldats relevés de leurs fonctions ont été conduits à la brigade de gendarmerie de Njinikom, où ils auraient fait l’objet de sévères mesures disciplinaires de la part de leurs supérieurs. Des témoins décrivent une scène chaotique au cours de laquelle les militaires ont été réprimandés, battus, puis renvoyés vers Bamenda.
L’unité sanctionnée a immédiatement été remplacée par un nouveau groupe de militaires. Bien que les raisons précises de ces mesures disciplinaires soudaines n’aient pas été officiellement communiquées par la hiérarchie militaire, les habitants de Baingeh — qui dénonçaient depuis longtemps des tensions, des actes de harcèlement et de torture de la part de l’ancienne unité — se disent désormais soulagés que leurs plaintes aient été entendues.









