Actualités Régionales of Monday, 10 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Bertoua : Enlevée à 3 mois, un nourrisson retrouvé près d’une poubelle non loin des locaux du HCR de Nkolbikon

La présumée ravisseuse exige finalement 100 000 FCFA La présumée ravisseuse exige finalement 100 000 FCFA

Le quartier Nkolbikon, dans l’arrondissement de Bertoua 1er, a vécu une journée d’angoisse intense, le dimanche 09 Août 2026, brutalement interrompue par un dénouement aussi inattendu que salvateur.

En effet, selon le récit de nos confrères d’East Cameroon News, qui ont relayé l’information, tout commence dans une ambiance familiale ordinaire. Chez les proches de la petite Kara, âgée de seulement trois mois, les préparatifs battent leur plein pour une réception. L’agitation en cuisine contraste avec la quiétude de la chambre où le nourrisson repose paisiblement. C’est alors qu’une visiteuse inconnue se présente au domicile. Selon plusieurs témoignages, cette femme sillonnait le quartier depuis plusieurs jours, prétextant être à la recherche d’une maison à louer.

Intriguée par sa présence prolongée dans le salon, la grand-mère, Sylvie, engage brièvement la conversation. Rien, à ce moment précis, ne laisse présager le drame imminent.

Quelques instants plus tard, la mère de l’enfant se rend dans la chambre. Le lit est vide. Kara a disparu. La mystérieuse visiteuse, elle aussi, s’est volatilisée.

En quelques secondes, la stupeur laisse place à la panique. La famille, rejointe par les voisins, se lance dans une course contre la montre. Les recherches s’organisent dans une tension extrême. Parallèlement, Loïca, tante de l’enfant, alerte notre rédaction, tandis que les forces de sécurité police et gendarmerie sont immédiatement saisies et ouvrent une enquête.

Très vite, l’affaire embrase les réseaux sociaux. Les appels à témoins se multiplient, générant des milliers de partages. Mais dans ce flot d’informations, surgissent aussi des tentatives d’escroquerie. Plusieurs individus se présentent comme ravisseurs et réclament jusqu’à 500 000 FCFA pour la restitution du bébé. Une femme, en particulier, affirme détenir l’enfant. Loïca pense reconnaître, à travers cet appel, la visiteuse suspecte, qui avait laissé un numéro sous prétexte d’être recontactée pour une location. L’hypothèse reste toutefois à confirmer.

La présumée ravisseuse exige finalement 100 000 FCFA et presse la famille de payer rapidement, souhaitant quitter la ville au plus tôt. Face à cette demande, les proches exigent une preuve de vie. Au téléphone, des pleurs d’enfant se font entendre. L’angoisse atteint son paroxysme.

Les heures passent. Aucun paiement n’est effectué. Puis, contre toute attente, aux environs de 19 heures, un retournement spectaculaire se produit.

Trois personnes, dont une femme, font irruption dans le quartier avec un nourrisson dans les bras. L’un d’eux raconte avoir été alerté par des pleurs près d’une poubelle, non loin des locaux du HCR, toujours à Nkolbikon. À la lumière de la torche de son téléphone, il découvre un bébé abandonné, torse nu, vêtu uniquement d’une couche. Une femme présente sur les lieux s’approche également, tentant de comprendre la situation. Un troisième individu, habitant du quartier, établit rapidement le lien avec l’alerte diffusée depuis le matin.

Sans hésiter, ils conduisent l’enfant auprès de sa famille.
La scène des retrouvailles est bouleversante. Entre larmes, soulagement et gratitude, les proches de Kara remercient ces citoyens dont la vigilance a permis d’éviter le pire.

Informées, les forces de sécurité procèdent à l’audition des témoins, tout en poursuivant activement l’enquête pour identifier les auteurs de cet enlèvement. Pendant ce temps, la femme suspectée continue d’appeler la famille, réclamant toujours le paiement de la rançon, y compris ce matin du 10 Août 2026, lors de notre passage sur les lieux.
Ce fait divers met en lumière un mode opératoire préoccupant, des individus qui arpentent les quartiers sous couvert de recherche de logement, ciblant en réalité des enfants vulnérables.

Face à une recrudescence des enlèvements, des violences sexuelles et des crimes rituels dans la ville, les autorités et les populations sont appelées à redoubler de vigilance.

La petite Kara, désormais prise en charge dans une formation hospitalière pour des examens de routine, se porte bien, selon son père, rencontré au moment de notre départ.

Une issue heureuse, certes, mais qui rappelle avec gravité la nécessité d’une vigilance collective permanente.