La démission de Maurice Kamto de la présidence du MRC est un coup politique porté au RDPC. Le MRC participera aux élections locales, notamment avec le FSNC comme allié, et cette configuration pourra compliquer la conservation d’une majorité confortable par le RDPC.
Les Camerounais retrouvent le Kamto qu’ils ont connu en 2017-2018 : le Kamto stratège, capable de surprendre ses adversaires et de rebattre les cartes politiques.
Sa décision de quitter le poste de président du MRC constitue un uppercut politique pour le régime RDPC, en panne de créativité. Un parti encore largement attaché aux méthodes héritées du parti unique et qui peine à se réinventer dans un environnement désormais marqué par la concurrence politique.
Que peut-on attendre d’un parti dirigé par une instance dont la moyenne d’âge avoisine les 70 ans ?
Sans véritablement s’en rendre compte, le régime aurait contribué à faire de Maurice Kamto un faiseur de rois incontournable dans l’opposition en 2025, pensant l'avoir l’écarté pour s’assurer une victoire écrasante.
Dans la même logique, plutôt que de ratisser large et de recruter de jeunes militants capables d’assurer la relève et de faire vivre le parti au-delà de l’ère Biya, le RDPC aurait choisi de reproduire le scénario de 2025, en misant sur l’instrumentalisation de certains membres du parti pour, au final, tenter de suspendre la participation du MRC aux élections locales.
Le régime RDPC démontre ainsi, aux yeux d’une partie de l’opinion, qu’il considère Maurice Kamto comme son principal adversaire politique. Une situation qui pourrait finalement faire le jeu de Kamto dans un pays où le bilan du régime suffit déjà à faire du simple rejet du système un puissant moteur électoral.
Qu'est venu faire Atanga Nji dans les affaires internes d'un parti politique ? C'était d'abord Gecam lors de la fusion Gicam-Ecam, ensuite la FECAFOOT, aujourd'hui le MRC.
Le MRC ira incontestablement aux élections locales, et avec le FSNC dans la bataille comme alliés, il faudra désormais voir si le RDPC parviendra encore à conserver une majorité suffisamment confortable pour constituer son propre groupe parlementaire. Maurice Kamto a démissionné du poste de président, rendez-vous en 2027.
Albin Michel Njilo









