Politique of Tuesday, 22 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Crise au MRC : Tiriane Balbine Noah s’adresse au RDPC et à Paul Atanga Nji

'Un pouvoir qui laisse ses militants choisir leurs dirigeants prouve sa force' 'Un pouvoir qui laisse ses militants choisir leurs dirigeants prouve sa force'

Dans une tribune relative à la crise qui secoue le MRC, la présidente par intérim du parti dénonce ce qu’elle présente comme une immixtion persistante de l’administration camerounaise. Tiriane Balbine Nadege Noah accuse l’administration d’avoir joué un rôle dans les difficultés rencontrées par Maurice Kamto lors de la présidentielle de 2025, tout en affirmant que le MRC demande simplement le respect de son autonomie et la tenue de sa convention du 17 octobre 2026 sans intervention administrative.

QUAND L'ÉTAT SE FAIT JUGE ET PARTIE DANS LA VIE DES PARTIS POLITIQUES

Depuis des mois, je publie chaque semaine une tribune selon la même méthode : partir d'une critique de la gestion des affaires publiques, regarder ce qui fonctionne ailleurs, relier cela au projet de société du MRC, puis proposer des solutions concrètes. Je ne déroge pas à cette règle aujourd'hui, pour cette première sortie depuis le 8 septembre. Ce texte n'est pas un texte de circonstance : il s'inscrit dans la continuité d'un travail entamé bien avant les événements du 8 septembre dernier.

Depuis sa création en août 2012 par le Professeur Maurice Kamto, le MRC a été de tous les combats. D'un seul élu en 2013 à une candidature présidentielle fédératrice en 2018, jusqu'à la disqualification injuste de son leader en 2025 — notre histoire n'a jamais été celle d'un confort institutionnel.

Le 8 septembre dernier, le Président Kamto et le 1er Vice-Président Mamadou Mota se sont retirés de leurs fonctions — non dans la défaite, mais pour échapper au piège tendu par l'administration territoriale. La vraie question n'est pas de savoir qui dirige le MRC aujourd'hui. C'est de savoir pourquoi, depuis quatorze ans, diriger le MRC suppose de subir une pression administrative permanente.

AILLEURS, LES PARTIS SE DISPUTENT ENTRE EUX. PAS AVEC LE MINISTÈRE DE TUTELLE

Un parti solide comme le MRC n'est pas un risque pour le Cameroun. C'est un signal de maturité institutionnelle — précisément ce dont notre pays a besoin pour rassurer ses créanciers, à l'heure où le ministre des Finances reconnaît lui-même un recul de plus de 200 milliards de FCFA des recettes budgétaires pour 2027.

QUATORZE ANS D'IMMIXTION, DOCUMENTÉS UN À UN :
-Un meeting maintenu à Bafoussam malgré une interdiction en novembre 2015
-Le Président Kamto emprisonné 9 mois en 2018, sa victoire jamais reconnue
-Des militants arrêtés en 2020 pour avoir distribué… des masques sanitaires en pleine pandémie — le parti boycotte les scrutins et perd son unique siège
-Un meeting interdit à Ebolowa en 2023, au motif d'une réunion RDPC dont il est établi qu'elle n'a jamais eu lieu
-Une assemblée à Bertoua dispersée par les gendarmes en août 2026, responsables interpellés sans mandat
-Deux poids, deux mesures : une plainte du MRC de 2023 restée sans suite, contre un tribunal militaire saisi en quelques jours pour une plainte visant le Pr Kamto en 2025
-Notre convention nationale interdite en novembre 2025, tenue en visioconférence — puis contestée 8 mois plus tard par une lettre du ministre

LE PLUS GRAVE : UN SABOTAGE NUMÉRIQUE DE LA PRÉSIDENTIELLE

En juillet 2025, le site du ministère de l'Administration territoriale a été manipulé : le nom du président légitime du MANIDEM disparaît, remplacé par celui d'un homme qui dépose aussitôt une candidature concurrente — permettant d'invoquer une « pluralité d'investiture » pour écarter la candidature de Maurice Kamto. Un enregistrement audio, non démenti, impute cette manœuvre à l'aval du ministre lui-même.

ET UN CALENDRIER ÉLECTORAL SANS CESSE REPOUSSÉ

Trois reports en deux ans. Un régime sûr de sa victoire n'a pas besoin de reporter un scrutin trois fois.

CE QUE NOUS DEMANDONS

Pas une faveur. L'application stricte de la loi qui garantit déjà l'autonomie des partis politiques. Que le processus du 17 octobre se déroule sans immixtion.

Un pouvoir qui laisse ses militants choisir leurs dirigeants prouve sa force. Un pouvoir qui s'acharne contre un parti qui ne demande qu'à aller aux urnes prouve l'inverse.

L'Histoire a déjà trop retenu que le MRC a eu raison trop tôt sur trop de sujets. Parce que nous avons Une Nation à Bâtir et Un Cameroun à Construire.

Le reste c'est le reste.

T.N