Une série de discussions autour d’une éventuelle réforme constitutionnelle alimente les spéculations sur l’avenir politique au Cameroun et sur le rôle que pourrait y jouer Ferdinand Ngoh Ngoh, actuel ministre d’État et secrétaire général de la présidence de la République.
Selon certaines informations circulant dans les milieux politiques, le haut responsable aurait présidé ces dernières semaines, au Palais de l’Unité, des réunions de travail avec plusieurs experts juridiques de haut niveau. Parmi eux figurerait notamment l’ancien Premier ministre Philemon Yang, ancien magistrat et figure influente du parti au pouvoir.
Ces échanges auraient porté à la fois sur d’éventuelles modifications constitutionnelles et sur les ajustements politiques liés à la formation d’un futur gouvernement, avec des discussions concernant certains cadres du RDPC susceptibles d’y entrer ou d’en sortir.
Vers une limitation du mandat présidentiel ?
Parmi les pistes évoquées figure une réforme du mandat présidentiel. Le projet consisterait à ramener la durée du mandat de sept à cinq ans, avec une limitation à deux mandats maximum. Une telle mesure viserait à éviter qu’un dirigeant reste aussi longtemps au pouvoir que l’actuel chef de l’État, Paul Biya, ou son prédécesseur Ahmadou Ahidjo.
Révision du code électoral
Une autre réforme évoquée concerne la révision du code électoral camerounais, souvent critiqué par plusieurs partis politiques, organisations de la société civile et des observateurs internationaux, qui estiment qu’il favoriserait le parti au pouvoir.
Une limite d’âge pour la présidentielle ?
Des discussions porteraient également sur l’introduction d’une limite d’âge pour les candidats à l’élection présidentielle. Une telle disposition pourrait, selon certains observateurs, écarter plusieurs figures de l’opposition ou de la scène politique nationale, parmi lesquelles Maurice Kamto, Issa Tchiroma Bakary ou encore Bello Bouba Maigari.
La création d’un poste de vice-président
L’un des changements les plus commentés serait la création d’un poste de vice-président, nommé directement par le président de la République. Cette réforme modifierait profondément le mécanisme actuel de succession. En cas de vacance du pouvoir, c’est aujourd’hui le président du Sénat qui assure l’intérim.
Si ce poste venait à être instauré, certains analystes estiment qu’il pourrait placer Ferdinand Ngoh Ngoh en position favorable pour succéder au chef de l’État, s’il était choisi comme vice-président. Dans ce scénario, il se retrouverait à un pas de devenir le troisième président du Cameroun.
Une telle réforme modifierait également l’équilibre institutionnel actuel, notamment en ce qui concerne le poste de Premier ministre, traditionnellement attribué à un ressortissant des régions anglophones, qui pourrait voir son poids dans l’architecture institutionnelle diminuer.
Une réforme portée par la majorité parlementaire
D’autres modifications constitutionnelles seraient également à l’étude. Si ces propositions étaient officiellement soumises au Parlement, leur adoption pourrait être facilitée par la majorité détenue par le parti au pouvoir.
Pour certains observateurs, ces évolutions pourraient redessiner le paysage politique camerounais à l’approche des prochaines échéances électorales et ouvrir la voie à une nouvelle génération de dirigeants.
Reste désormais à savoir si ces réformes verront effectivement le jour et quel rôle jouera Ferdinand Ngoh Ngoh dans cette possible recomposition du pouvoir. La question reste ouverte.









