Politique of Saturday, 1 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Détentions arbitraires : Le cas de Christian Rodrigue Mopouong relance le débat

Ses proches affirment qu'il a subi des actes de torture durant sa détention Ses proches affirment qu'il a subi des actes de torture durant sa détention

Christian Rodrigue Mopouong, également connu sous le nom d'Aboubakar, est détenu depuis le 9 juin 2025 à la suite de prises de position sur des questions politiques et sécuritaires. Son arrestation a été recommandée par une organisation de la société civile en raison de ses publications et analyses, notamment en faveur d'un État fédéral, contre la partition du Cameroun et sur les conditions de vie des militaires.

L’affaire de Christian Rodrigue Mopouong, également connu sous le nom d’Aboubakar, suscite de nouvelles interrogations sur le respect des droits fondamentaux et des garanties procédurales au Cameroun. Il est privé de liberté depuis le 9 juin 2025 en raison de ses prises de position sur des questions politiques et sécuritaires.

Christian Rodrigue Mopouong a été interpellé par les services de la Sécurité militaire (SEMIL) à la suite d’une note d’information attribuée à Nkoulou Engoulou Lilian, agissant au nom de son organisation dénommée Observatoire de Développement Sociétale.

Cette note a recommandé son arrestation afin de l’empêcher de poursuivre ses prises de parole sur la vie politique nationale. Parmi les opinions qui lui étaient reprochées figureraient notamment ses propositions en faveur d’une réforme de l’organisation de l’État autour d’un modèle fédéral, son opposition à toute partition du Cameroun, ses critiques relatives aux conditions de vie des militaires ainsi que diverses analyses politiques publiées sur les réseaux sociaux.

Les proches du détenu affirment qu’après son interpellation, il a été maintenu pendant trois jours dans les locaux de la Sécurité militaire, où il a subi des actes de torture. Ils soutiennent ensuite qu’il a été transféré au Service central des recherches judiciaires (SCRJ), où il est resté environ cinquante jours, dénonçant à nouveau des mauvais traitements.

Plusieurs infractions lui auraient alors été reprochées, parmi lesquelles le défaut de carte nationale d’identité, l’outrage au Chef de l’État, l’insurrection, le tribalisme ainsi que d’autres qualifications pénales.
Christian Rodrigue Mopouong a ensuite été traduit devant le Tribunal militaire, avant d’être écroué à la prison centrale de Kondengui le 31 juillet 2025.

Cette incarcération est intervenue sans mandat de dépôt régulièrement établi et qu’à ce jour, l’intéressé n’a toujours pas été présenté devant un juge d’instruction afin de se voir notifier officiellement les charges retenues contre lui. Ils qualifient cette détention d’arbitraire et demandent sa libération immédiate.

Boris Bertolt