Dans le théâtre d'ombres du football camerounais, les chiffres ne sont jamais neutres. Ils sont des armes de distraction massive. Le déballage soudain des primes des joueurs par le ministère des Sports n’est pas un acte de bonne gouvernance, c’est une manœuvre de survie.
Le timing de cette sortie est tout sauf innocent. Pourquoi rompre un silence de deux ans sous l'ère Marc Brys juste maintenant ? La réponse se trouve peut-être ailleurs que sur le terrain : le remaniement ministériel.
Acculé par le calendrier politique, le ministère semble jeter les joueurs en pâture pour justifier un bilan ou, pire, pour s’inventer une rigueur de dernière minute. On tente de détourner le regard du Palais vers le portefeuille des athlètes.
Cette agitation est d'autant plus indécente qu’elle fait fi des vérités exprimées par André Onana. Lorsque l'ancien portier de Manchester United dénonçait sur les réseaux sociaux le non-paiement des primes, le silence administratif était assourdissant.
Aujourd'hui, on choisit de faire fuiter des montants globaux pour transformer les joueurs en cibles, exactement comme en 2022 sous Rigobert Song. On utilise la vie privée des joueurs comme bouclier politique contre le vent du remaniement qui souffle.
La FECAFOOT et les joueurs ont raison de s’insurger contre ce sabotage psychologique. On ne gagne pas un trophée en livrant ses soldats à la vindicte populaire pour sauver un fauteuil ministériel.
Ces jeunes ne jouent pas pour des chiffres, mais pour l’honneur d’une nation. Le peuple n'est pas dupe : il attend des victoires, pas des règlements de comptes de fin de règne.
Merci Papa Samuel Eto'o










