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Opinions of Wednesday, 23 May 2018

Journaliste: Charles Abega

Sérail: les non-dits du message de l’Ambassadeur des Etats-unis à Paul Biya


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Cela faisait un moment que l’on suspectait des ingérences inadmissibles dans les crises qui ont cours au Cameroun. Cela faisait également un moment que la valse des politiques dans les chancelleries était loin d’être de l’hospitalité naïve. De mémoire de diplomate, il n’est pas sûr qu’un tel scandale n’ait émaillé l’environnement diplomatique comme cela est le cas aujourd’hui.

L’ambassadeur des Etats-Unis en République du Cameroun s’est sûrement trompé de pays où le petit nègre boit goulument les imprécations du colon, comme paroles d’évangile. Malgré le respect des normes diplomatiques dont s’est fait un usage établi la diplomatie camerounaise, cette-fois, l’arrogance aura chatouillé la frontière de l’intolérable.

L’attitude cavalière et condescendante de l’ambassadeur des Etats-Unis aura montré déjà ses prémices dans ses prises de parole tonitruantes, dans des actes répétés de provocation et d’immixtion dans la politique interne du Cameroun, bref, d’un activisme qui s’est concrétisé par de nombreux voyages en un laps de temps dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Il se dit d’ailleurs que pour avoir pignon sur rue, le diplomate américain s’est entouré de soutiens médias qui vivent de ses subsides et procèdent aux actions de délation pour remplir leur contrat.

L’outrecuidance de l’Ambassadeur est allé crescendo, en commençant par ce procès en bonne et due forme de la gouvernance sécuritaire au Cameroun, qui, d’après-lui, se traduirait par une utilisation exagérée de la force, et par la litanie rhétorique qui accable les forces de défense, diatribes relevées au même diapason que certaines organisations internationales connues. On comprend ainsi que l’une travaille pour l’autre.

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La liberté d’expression est un acquis au Cameroun, et c’est pour cela que, contre les usages diplomatiques en vigueur, Peter Henry Barlerin a osé infantiliser tout un peuple, en donnant les normes et conditions d’utilisation des aéronefs dotés à l’Armée camerounaise, pour prêcher subrepticement des sermons de droits de l’homme. Les souvenirs de sémantiques comme celle de « pertes collatérales » nous reviennent de manière nauséabonde, pour mettre en sellette, l’arrogance de cette puissance et nous remettre au bon souvenir de frappes préventives qui se sont terminées en Libye, par l’assassinat d’Anouar El Kadhafi.

Nous sommes pourtant en 2018, près de 60 ans après l’indépendance, et il semble que le Cameroun n’a strictement besoin ni d’ingérence, ni de conseils pour fixer son cap. La réaction de la presse camerounaise du mardi 22 mai, prouve s’il était encore nécessaire, que ce peuple n’est pas nostalgique de la colonisation et que monsieur l’ambassadeur des Etats-Unis pourrait garder une certaine réserve dans l’exercice de ses fonctions et plus de courtoisie dans ses rapports avec la plus haute autorité du Cameroun, pour dire en clair que l’avenir politique de Paul Biya ne sera pas décidé à Washington, mais au Cameroun et par les Camerounais.

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