Opinions of Sunday, 4 January 2026

Auteur: Mefire U Rosalie

REMANIEMENT : Affrontement entre les barons, les jeunes et les opposants

Depuis l’annonce du remaniement gouvernemental lors de l’adresse à la Nation du 31 décembre, le Cameroun politique est entré dans une phase d’agitation permanente. Partis, leaders, militants, médias et populations scrutent, spéculent et espèrent. Mais une vérité fondamentale semble volontairement oubliée. Rien, absolument rien, n’oblige le Président de la République à nommer tout le monde.

Le remaniement n’est ni une récompense collective, ni une distribution automatique de postes. Il relève exclusivement de la prérogative constitutionnelle du Chef de l’État, qui choisit qui il veut, quand il veut et comme il veut.

De la même manière, rien n’oblige les leaders de l’opposition à s’imposer eux-mêmes comme uniques choix pour représenter leurs partis au gouvernement. Ils peuvent, s’ils le souhaitent, désigner d’autres cadres, compétents et stratégiques, pour porter la bannière du parti, sans que cela n’affaiblisse leur leadership politique.

Pendant que certains crient à l’exclusion ou à l’urgence, les caciques du pouvoir, eux, montent au créneau. Leur message est clair : « Nous sommes les gardiens du temps politique. ». Pour eux, l’accès aux responsabilités doit d’abord bénéficier à ceux qui ont endurci le système, tenu la barque dans les tempêtes, et payé le prix du sacrifice et de la loyauté. À leurs yeux, toute redistribution du pouvoir doit respecter cet ordre, sous peine de fragiliser l’édifice.

Dans ce contexte, le débat public devient parfois caricatural : chacun veut entrer, chacun veut bloquer l’autre, chacun veut régler ses comptes. La population elle-même s’y projette, espérant voir ses réseaux, ses proches ou ses intérêts se rapprocher des centres de décision. Mais la réalité est implacable.

Le remaniement n’est ni un dû, ni une obligation morale envers quiconque. C’est un acte politique souverain, dicté par le timing du Président, les équilibres internes, les rapports de force et les priorités stratégiques du moment.
Que cela plaise ou non, le temps du pouvoir ne se décide ni sur les réseaux sociaux, ni dans les studios, ni dans les couloirs. Il se décide là où se concentre l’autorité. Le reste n’est que bruit, pression et spéculation… jusqu’au prochain décret.