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Opinions of Friday, 29 October 2021

Auteur: www.camerounweb.com

Qu’est-ce qui a causé le déclin des Bamum ? l’exemple de Nabil Njoya

Nabil Mbombo Njoya Nabil Mbombo Njoya

Successeur par son père Ibrahim Mbombo Njoya, Nabil Mbombo Njoya est jusqu’à présent été épargné par les critiques depuis sa prise de fonction. Il vient de recevoir les premières rodomontades de la part de l’écrivain Patrice Nganang qui n’épargne pas non plus le royaume Bamoun. C’est à travers une tribune dont voici la teneur


QU’EST-CE QUI A CAUSE LE DECLIN DES BAMUM ? – L’EXEMPLE DE NABIL NJOYA

Quiconque a étudié l’histoire dynastique de Foumban va se rendre compte de quelques choses importantes, et qui sont à contre-courant de toutes les histoires dynastiques. Cela se passe en trois étapes:

1) la dynastie regnante a adopté la langue et les coutumes de la région qui est bamileke, et dont la culture, fondée dans l’effort personnel et structurée autour de la tontine; la dynastie régnante a adopté cette culture en même temps qu’elle maintenait son caractère conquerant, à travers les guerres, mais a imposé aux peuples bamum un deni hystérique de sa culture bamileke, de ses origines en même temps qu’elle lui imposait un culte d’appartenance à la dynastie

2) avec l’arrivée des Allemands qui ont interdit les guerres tribales, les ‘razzias’, la dynastie régnante s’est concentrée sur la consolidation de son règne et a ainsi atteint son apogée, celle-ci est d’ailleurs mesurable au fait que tous les sultans qui ont succédé au ‘sultan Ibrahim Njoya’, comme on le connait, se soient nommés eux aussi ‘Njoya’ – et ainsi, Njoya est devenu le nom le plus populaire de la région, nom qui a pourtant son equivalant chez les Bamileke – chez les Bangangte par exemple, Ngue’ya.

3) mais le déclin de la dynastie Njoya est arrivé avec ce que nous voyons ici, qui est le clientelisme pur, et je m’explique: si les conquerants (1), s’imposaient par la guerre qui allant de victoires en victoires au mieux imposaient leur domination ou au plus bas frappaient l’imagination, Njoya a son apogée (2), s’est imposé par son art dont l’invention de l’écriture est un joyau, tout comme la construction du palais. Son fils, Njilouluh n’a rien construit, son petit-fils, Mbombo, INCAPABLE DE CONSTRUIRE UNE UNIVERSITÉ DE FOUMBAN, a construit un musée autour de l’œuvre de son grand-père préservé avec l’argent des Américains et des Anglais, avant d’aller mourir lui-même dans un hôpital français à Paris. L’arrière-petit-fils, Nabil, lui n’a encore rien construit, mais est déjà pris dans le rythme du déclin: distribuer l’argent. L’argent! Il lui faut un pactole pour ça! Et il distribue même aux bébés de deux ans!

Vous ne verrez jamais la reine d’Angleterre, ni le roi du Japon faire cela. Ni celui du Maroc. À son âge encore moins. Jamais. Distribuer mi-mille à des pauvres paysans, au milieu d’une cour poussiéreuse, devant le palais rénové avec l’argent de l’UNESCO. C’est cela le cœur même de la culture du déclin. Surtout, on n’a pas besoin d’etre un Njoya pour ca. C’est trop facile: mille FCFA c’est 2USD. Nabil était à New York et sait ce que vaut $2. Moi, Nganang, j’investis $500/mois, je me mets a Nkomkana chaque mois, et distribue mi-mille aux gens, 2USD à 250 personnes toutes les fois donc, tout le quartier va se mettre a genoux devant moi jusqu’a chanter mon nom à mon passage. Oubliez la dynastie. Même Nabil ne sera plus rien à côté de moi.

Il demeure: avec ça même dans cent ans, les Bamum ne sortiront pas du trou dans lequel Nabil les enfonce, billet par billet.
Concierge de la république