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Opinions of Saturday, 17 October 2015

Journaliste: David Eboutou Chercheur

Modification des constitutions, longévité au pouvoir et conséquences


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Le phénomène de monarchisation au pouvoir par certains chefs d’Etat africains voit ces derniers temps sa résurgence avec la valse de modifications constitutionnelles constatées sur le continent noir.

Confortée par la levée du verrou limitant le nombre de mandats présidentiels au Cameroun par Paul Biya, qui totalise 33 ans au pouvoir et qui n’entend pas s’arrêter en «si bon chemin Camer.be», certains de ses homologues se sont constitués en véritables émules de cette posture .

Ainsi, que ce soit Joseph Kabila en République Démocratique du Congo, Denis Sassou Nguesso au Congo Brazzaville, Pierre Nkurunziza au Burundi, José Edouardo Santos en Angola ou Idriss Deby au Tchad, tous ont manifestement décidé de se fossiliser au pouvoir.

Le modus

operandi étant resté généralement le même pour ces nouveaux pontifes à la tête de nos Républiques. Parmi les raisons avancées: ils disent généralement se soucier à un besoin Perrin de stabilité de leurs Etats; ils désirent poursuivre le parachèvement de leurs actions afin de conduire leurs pays vers l’émergence; ou alors ils répondent à un appel pressant et incessant du peuple qui désire les voir conduire leur destinée ad vitam aeternam.

Une véritable construction rhétorique digne de la politique du village Potankine. A l’analyse, il est évident que ces hégémons centraux n’ont pas toujours mesuré toute la dangerosité liée à leur extrême longévité au pouvoir. Ils ont réussi à faire planer un climat politique orageux du fait des pratiques démocratiques en trompe-l’oeil subséquent aux partis-Etats qu’ils ont réussi à créer et dont le reflet nous plonge dans la réalité de ce que le politologue Ivoirien, Feu Tessy Bakary appelle «l’Etat-Président».

On aurait pu justifier la longévité au pouvoir de certains de ces dirigeants cités plus haut si un impact politicoéconomique et social avait été clairement visible de manière à donner matière à caution à leurs mandatures, mais que non! Selon l’indice Mo Ibrahim, qui est un indice de gouvernance mesurant l’Etat de droit, les performances économiques et la transparence dans la gestion de la chose publique et le développement humain, que ce soit le Burundi, le Cameroun, le Tchad, les deux Congo, aucun parmi ces pays ne figure dans ce classement.

Ce qui contraste avec les raisons avancées par les idéologues des hégémons de ces pays qui sont manifestement mus par d’autres intérêts à rester au pouvoir que d’être effectivement au service de leurs populations.

Une petite rétrospective dans l’histoire politique des Etats africains montre clairement que les Etats d’Afrique où certains ont mis beaucoup de temps aux affaires ont sombré avec des fortunes diverses dans une certaine instabilité. On peut citer le cas ivoirien avec Houphouet Boigny dont la longévité au pouvoir a donné lieu aux différentes crises politiques que ce pays connait jusqu’aujourd’hui.

Dans la foulée, les cas Gabonais, Togolais et même Burkinabé peuvent étayer cette approche. A côté des retards politiques, économiques et sociaux patents, les pays dont les leaders ont mis suffisamment de temps au pouvoir finissent par concentrer un amas d’éléments crisogènes qui se déclenchent une fois ce dernier parti. La longévité au pouvoir en soi ne saurait en principe être un problème s’il y’a corrélation parfaite entre les aspirations profonde du peuple et ses dirigeants.

Mais au constat empirique, la longévité au pouvoir des chefs d’Etat africains est plutôt devenue nauséeuse à telle enseigne que la perception de l’absence de perspective d’alternance a amené les autres acteurs politiques à imaginer d’autres formes de dévolutions du pouvoir peu orthodoxes.

En observant le nouveau vade-mecum de certains dirigeants africains qui ont décidé de confisquer le pouvoir, il est inéluctable que leur motivation principale est loin d’être le bien-être de leur peuple, mais davantage un besoin monopolistique de jouir des avantages du strapontin présidentiel au sens égocratique. Un pays bloqué politiquement est forcement bloqué économiquement et les issues d’ouvertures ne peuvent être que violentes.

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