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Opinions of Thursday, 12 April 2018

Journaliste: Michel Biem Tong

Les vérités cachées sur l'acquisition du Boeing BBJ-2 qui a conduit Marafa en prison


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Contrairement à un mensonge longtemps inoculé comme un poison dans la conscience des Camerounais, il a été confié comme mission à Marafa Hamidou Yaya puis à Jean Marie Atangana Mebara ( des anciens secrétaires généraux à la présidence aujourd’hui détenus politiques) l’achat d’un avion neuf pour les déplacements du chef de l’Etat. Mais au lieu d’un avion neuf, ils ont jeté leur dévolu sur un vieil avion en location qui a failli coûter la vie au chef de l’Etat et à toute sa famille. Ce qui est totalement faux. Archifaux.

D’après le rapport d’enquête N°00000259/DGSN/DPJ/SDEEF/S du 4 août 2008 de la Direction de la Police Judiciaire de Yaoundé, c’est Paul Biya qui, craignant de voir le FMI recaler le Cameroun dans la course vers le point d’achèvement de l’initiative PPTE, a décidé de faire abandonner l’acquisition d’un avion présidentiel BBJ-2 neuf pour un avion en location.

Le processus d’acquisition du BBJ-2 neuf déclenché sous Marafa était en phase de livraison sous Atangana Mebara (qui a remplacé Marafa le 24 août 2002).D’après le rapport de la PJ cité plus haut, après avoir reçu 11 millions de dollars (l’avion coûtait 40,2 millions de dollars), la firme américaine Boeing attendait un acompte de 5 millions de dollars ainsi qu’un contrat en vue d’établier un échéancier pour le règlement du reste d’argent.

Le 28 avril 2003, une somme de 5 millions de dollars a été viré dans les comptes de Boieng. Mais en juin 2003, coup de théâtre ! Selon le rapport de la PJ, Paul Biya a confié à Jean Marie Atangana Mebara sa décision d’abandonner l’acquisition d’un BBJ-2 en ces termes : « M. Le Ministre d’Etat, les Camerounais ont accepté d’énormes sacrifices pour atteindre le point d’achèvement ; je vais assumer ma part de sacrifices en continuant à prendre des avions de location jusqu’à cette échéance (celle du point d’achèvement, ndlr)(Voir Page 4 du rapport de PJ).

Ainsi, c’est Paul Biya himself qui a donc suspendu le processus d’acquisition de l’avion présidentiel neuf. C’est toujours lui qui a décidé de continuer à louer des avions comme à l’accoutumée. D’où la signature d’un contrat de location de l’Albatros avec Boieng en décembre 2003. Mais malgré toutes les révisions opérées sur cet avion par les techniciens de Boeing, malgré tous les certificats de navigabilité obtenus par cet aéronef ainsi que l’immatriculation, malgré le léger dysfonctionnement (vite réglé d’ailleurs) des trains d’atterissement que cet avion a accusé lors de son vol inaugural, malgré les assurances de son état-major particulier sur le bon état de l’aéronef, Paul Biya a retourné l’Albatros à Boieng et jeté ses anciens proches collaborateurs en prison.

Ceux des Camerounais de mauvaise qui passe leur temps à demander à Mebara et à Marafa « où est l’avion ? » sont servis. Quant à la question de savoir « où est l’argent ? », c’est Michel Meva’a M’Eboutou, à l’époque ministre de l’Economie et des Finances qui a pris sur lui de faire virer par la Société nationale des hydrocarbures 29 millions de dollars dans les comptes du loueur d’avion américain GIA international alors que Marafa et Fotso (lui aussi en prison) proposait que cette société use d’une lettre de crédit afin de trouver ces financements dans ses banques, d’acheter l’avion et d’éviter que le Trésor public ne supporte cette facture.

Rappelons qu’avant l’ordre de virement de MEva’a M’eboutou à Adolphe Moudiki de la SNH le 21 août 2001, ce dernier avait été reçu en audience par Paul Biya qui lui a dit de s’impliquer dans cette transaction. Allez-y comprendre qui est le vrai coupable dans l’affaire de l’avion présidentiel.

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