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Opinions of Wednesday, 25 October 2017

Journaliste: Michel Biem Tong

Garga Haman Adji nie l'existence de prisonniers politiques au Cameroun


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Au cours de l'émission La Grande Interview diffusée sur Canal2 International ce mardi 24 octobre 2017, l'ancien ministre de la Fonction publique et de la Réforme administrative et "opposant politique" à Paul Biya a déclaré qu'"il n'existe pas de détenus politiques au Cameroun", autrement dit, que ceux qui ont été interpellés dans le cadre de l'Opération Epervier ne le sont pas.

Je ne suis nullement ébranlé par une telle déclaration car elle sort de la bouche de quelqu'un qui n'est pas à une incohérence près. Quelle crédibilité peut-on accorder à un homme politique qui se proclame "opposant" mais accepte de siéger dans un Commission nationale anti-corruption entièrement contrôlée par son "adversaire politique", Paul Biya?

Quelle crédibilité peut-on accorder à un homme qui accepte de siéger dans une CONAC où, disait-il lui-même à une certaine époque, on passe du temps à manger des cacahuètes? Quelle crédibilité peut-on accorder à un homme qui accepte de siéger dans une CONAC dont le contenu des rapports est à chaque fois déconstruit avec faits et preuves par les mis en cause (comme en 2011)? Garga Haman Adji pouvait-il mordre la main qui lui a pratiquement sauvé la vie en finançant son évacuation sanitaire récemment? Penser que Garga Haman Adji allait désavouer son patron c'est être naïf.

Garga Haman Adji a semblé se demander, pour étayer son propos, pourquoi lui on ne le jette pas en prison alors qu'il a démissionné du gouvernement en 1992 et s'est porté candidat aux élections présidentielles? Dis donc, quelle menace politique peut représenter un homme politique qui, lors de la dernière élection présidentielle, s'en est sorti avec le ridicule score de 3,211 %?

Au cours de l'émission, le président du parti ADD a déclaré qu'il existe des preuves contre les personnes incarcérées dans le cadre de l'Opération Epervier, mais il n'en a fourni aucune alors que ces anciens proches collaborateurs de Paul Biya sont jugés dans le cadre des procès publics. Je mets donc quiconque (y compris Garga) au défi de nous rappeler les preuves sur la base desquelles les détenus de l'Opération Epervier ont été jugés et condamnés. Parce que pour moi, il n'en existe pas.

A Monsieur Garga Haman Adji, je dis et je maintiens qu'il existe bel et bien des prisonniers politiques au cameroun. Parce que leur principal geôlier ce n'est pas la procureure générale du Tribunal criminel spécial, Tchakountio Ngounou, mais Paul Biya lui-même et quelques membres de sa famille. Nul Camerounais de bonne foi ne l'ignore.

C'est le gouvernement camerounais qui nous le laisse croire en nous en donnant la preuve. Le 2 février 2010, au cours d'un point de presse, Issa Tchiroma, le porte-parole du gouvernement de Paul Biya déclarait ceci: "...pour tous les militants du RDPC qui se trouveraient en prison, ils savent que les statuts du RDPC que le candidat du parti à l'élection présidentielle reste le président national". Une mise en garde à ceux qui, détenu pour de prétendues malversations financières, auraient des ambitions de succéder à Paul Biya.

Que dire d'autres si ce n'est que le gouvernement camerounais a reconnu lui-même de manière officielle qu'il existe des détenus politiques au Cameroun ? Garga Haman serait-il plus royaliste que le roi, son "sauveur"? Vouloir cacher la lumière du soleil avec un doigt ce n'est ni honnête, ni sérieux, surtout pour un prétendu "chasseur de baleine"

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