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Opinions of Wednesday, 3 November 2021

Auteur: Abdelaziz Mounde

Fédéralisme communautaire: ce que Abdelaziz Mounde pense des propositions de Cabral

Abdelaziz Moundé Njimbam et Cabral Libii Abdelaziz Moundé Njimbam et Cabral Libii

Beaucoup d'intellectuels et acteurs politiques camerounais ne partagent le concept du fédéralisme communautaire que promeut le président du PCRN, Cabral Libii. Pour Abdelaziz Moundé, ce concept est dangereux et risque de créer d'autres problèmes plus graves, alors qu'il et proposé comme solution à des problèmes de vivre ensemble.

Ci-dessous les points de vue de M. Njimbam


"C’est très simple dans mon esprit, ayant pris toutes ces années, pour construire mon idée du pays du Mont Fako, nom que je préfère à son appellation coloniale :

- Le Cameroun, pays d’Afrique, où tu nais à Yaoundé, y vit, travaille et peut te faire élire comme maire, conseiller municipal, député ou président du Conseil régional du Centre, étant tout aussi fier d’être originaire du Noun ou de n’importe quel terroir du 237, valorisant les cultures locales, est mon Cameroun. Exactement comme ces personnes d’origine camerounaise qui deviennent maires au pays des Blancs sans qu’on leur demande où est enterré leur cordon ombilical !

- Le Cameroun où l’on n’est pas obligé d’aller se faire élire à Foumban parce que Bamoun, à Eseka parce que Bassa, à Douala parce que Akwa, à Garoua parce que Peulh ou Fali, à Bertoua ou Abong-Mbang parce que Maka, à Bamenda parce que de Mankon ou de Bafut, etc, est le mien !
- Le Cameroun où le génie, le brio, les spécialités de chaque terroir font la fierté de chaque Camerounais autant que la gloire des Lions indomptables est le mien !

- Le Cameroun où l’on est solidaire du développement de chaque terroir, où l’on veut les routes, l’eau, les infrastructures, les écoles modernes pour chacune des 13000 localités du pays de Francis Bebey et Essindi Mindja, et pas uniquement pour les Rencontres fraternelles de sa région ou de son village est le mien !

- Le Cameroun où l’on veut des États ethniques, des bantoustans, où l’on s’imagine que la solution à la crise du NO.SO c’est chacun chez lui, n’est pas le mien : et je me battrai avec l’arme de la pensée, de l’action solidaire et de la fraternité africaine contre ces idées !

CE QUE FÉLIX-ROLAND MOUMIE M’A APPRIS

A être fier d’être Bamoun mais de refuser que l’on me définisse par un «Etat communautaire».

A contribuer à bâtir une Nation où l’on se sent AFRICAIN du CAMEROUN, nom colonial du pays du Mont Fako qu’il va falloir changer un jour !

A s’investir pour une Nation où l’on n’est pas assigné à résidence dentaire;

A s’engager donc à promouvoir davantage cette idée et combattre idéologiquement tous les porteurs de logiques de blocs communautaires au Cameroun !

A être fier de voir chaque terroir du Cameroun sortir de l’ornière à travers des routes, des écoles, des hôpitaux, des infrastructures modernes pour tous et non uniquement pour mon village;

A être fier du patrimoine de chaque terroir du Cameroun;

A valoriser les mariages et les liens entre les Camerounais de toutes les contrées:

A apprendre les langues de mon pays comme les dirigeants de l’UPC qui avaient choisi le fufuldé comme une des langues de travail;

A combattre, sans relâche, comme Um Nyobe et Ouandie, le tribalisme;

A se battre pour que chaque Africain et ceux du Cameroun prospèrent.

Tué sur ordre de l’Elysee, le 3 novembre 1960, sa mémoire restera à jamais, comme celle de tous les héros que nous valorisons et commémorons, gravée dans mon cœur et mon esprit. Ces héros sont la boussole de mon engagement : celui d’un AFRICAIN ! "