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Opinions of Friday, 8 September 2017

Journaliste: lequatriemepouvoir.com

Etoudi et ses mystères: que cachait ‘11 millions d’inscrits’ de Cabral Libii?


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La campagne de « charme » initiée par Cabral Libii le coordonnateur, s’est achevée le 31 Aout dernier sur l’étendue du territoire national. Entre rehaussement de la masse électorale et vision synoptique à l’approche des échéances multiples en 2018, l’opération porte de nombreux points de suspension. Décryptage.

L’opération s’est achevée il y’a quelques jours et déjà des bilans de cette initiative gagnent l’effet « communicatif » apporté par la tempête « Macron » qualifié du « messie politique camerounais ». M. Cabral Libii a bel et bien réussi son entreprise d’aimant de l’énergie jeune et la naissance de nouvelles portées en matière politique.

Si la campagne « 11 millions d’inscrits » a connu du franc-succès auprès de la jeune génération, c’est grâce à la personnification de l’offre incarnée par le personnage, qui induit aux yeux de ses compatriotes la« confiance de l’âge ».

1-Que cache 11 Millions d’inscrits ?

11 millions d’inscrits ou 11 millions de façon de séduire ? Le jeu de la séduction est une interférence traditionnelle en politique quelque que soit le ciel ou l’on se trouve. Cabral le chroniqueur ou mieux le journaliste-politicieux n’a pas dérogé à la règle. L’élection « du chef du chef du Gondouana » Emmanuel Macron a fait pousser des ailes au concerné, amplifié par une euphorie populiste au sein des réseaux sociaux notamment et de ses alliés de toujours, les médias.

L’opération démarrée en début d’année par le trentenaire est réconfortée par un appel virtuel à un changement de paradigme au Cameroun. En effet, « 11 Millions d’inscrits » est avant tout un mouvement citoyen qui encourage l’inscription massive sur les listes électorales des populations mais aussi de pousser des jeunes à s’intéresser de plus en plus à la chose politique ; L’intermède est noble puisque le remède proposé par M. Libii vise à « guérir » des blessures infligées par le régime royal lors des derniers championnats électoraux ceux présidentiels et régionaux, afin de lever le rideau des 35 années de « royauté ».

Les politiques se sont prononcés sur ce nouveau navire de la jeunesse et restent mitigées. D’aucuns comme Célestin Bedzigui, Edith Kah Walah, Josuah Osih, saluent la démarche de l’homme qu’ils qualifient d’encourageant. D’autres lui tendent la main, comme le MANIDEM de Dieudonné Yebga, ou l’UPC qui reste retissent ou dubitatif. Cependant les détracteurs ne sont jamais loin et se comptent par milliers. Mais cela n’empêchera en rien la bataille de l’homme.*

2-La transformation: entre médias et politique une histoire d’amour ?

Bon nombre d’hommes de médias se déversent dans l’exercice du politique pour mieux le dire, du pouvoir. Car la politique et le journalisme étant des sports de combats, cela entraine une sorte d’attraction traditionnelle même si la distance professionnelle du journalisme ou du journaliste politique notamment est de mise mais pas fortuite.

Nombreux sont donc ces hommes devenus en quelques mois les chevaliers de campagne de bon nombre d’hommes politiques au Cameroun. Il ne s’agit pas d’une exception camerounaise, car même dans notre « 11ème région » citée en exemple, de Giscard d’Estaing à Macron en passant par Mitterrand ou Sarkozy, les jeux d’intérêts et le flash restent identiques. Les journalistes en général sont « les amis du politique » parce qu’il convient de maintenir le contact avec « ses sources ».

Bien qu’il est prudent de faire juste mesure ni trop près, ni trop éloigné leur compagnie devient « contaminogène » à court ou long terme pour la profession : l’attractivité et l’appétit naissent, entre dénonciations et missions d’informations du journaliste la frontière se fragilise pour accoucher d’un personnage aux antipodes de l’action. Encore plus si l’on a deux avantages près de soi : un travail bien soigné reconnu par une majorité (qui apporte crédibilité) et le soutien de l’opinion (légitimité). Dans les deux cas, le pari n’est pas excessif mais « opportunisme positiviste » dans le sens où l’on se saisit des voies de mutations.

Cabral, ne devrait –on pas avoir peur de le dire s’est parfaitement saisi des aiguilles de marketing et communication politique noyés dans les salves des prétoires du terrain politique. Le contexte siégeant pour une période pré-électorale et donc du positionnement mal classé ou mieux placé avec une forte odeur de dévier les regards du renouveau. Le journaliste a-t-il saisi la juste responsabilité d’un tel acte ?

Certainement il en va de son droit en tant que citoyen, puisque les vagues d’11 millions d’inscrits continuent de faire « agiter » la mer d’Etoudi qui en juin dernier, se refusait à la tenue de la campagne au quartier CRADAT à Yaoundé. Leurre ou maladie compulsive du régime ? La deuxième réponse est peut-être la mieux outillée surtout depuis l’interdiction des manifestations publiques de partis politiques, oups ! J’allais dire de certaines formations politiques depuis 2014 dans de nombreuses villes camerounaises, ne suivez pas mon regard ?

3-Cabral Libii l’énigme : La force de l’audace ou les camerounais sont-ils « dans l’eau » ?

Nous avons vu un Cabral Libii Li Lingue, tout feu tout flamme donner des sueurs froides aux « sémiotiques » et « pourvoiristes du régime » ou encore des dessins pédagogiques à d’éminence en plein direct. L’équation n’a certainement pas eu deux inconnus. Si M. Libii se décide à faire dans la sauce politique ou en mentionne l’ambition c’est d’abord à cause d’un fait politique qui interroge et donne à réfléchir : l’arrivée d’un jeune à l’Elysée, pas des moindres, de sa génération et donc de son miroir, Macron est âgé de 40 ans à peine.

Tout au plus, ce « jeune » réussit là ou tous les barons de la veille politique française ont échoué, rassembler et briser les clivages traditionnels et créer un mouvement novateur : La république en Marche, Le Cameroun sera-t-il aussi en marche en 2018 ? Aucune boule de cristal ne saurait donner de réponse encore moins dans cette Afrique francophone ou pilulent l’incertitude et les « doux requins ».

La campagne se referme, mais des épisodes des Etats-Unis et d’Europe ou l’on voit un Libii tout freingant entre peignoir et bassins costumés, la température est plus que négative au pays de Trump. L’image de l’homme est plus que déchirée et partagée, aux yeux de l’opinion qui se divise, entre « cabralistes » qui y voient de la manipulation, et « anticabralistes », qui eux voient un arriviste. Où est donc passée la brillante équipe de communication du futur locataire d’Etoudi ? Portes closes, fenêtres teintées, la musique est vite balayée par le concerné qui a compris l’enjeu de faire la veille numérique et donc d’interagir avec les concepts de son temps, mais sans oublier ses outils traditionnels.

Par son éloquence, sa magnanimité, sa concision, son ouverture d’esprit, Cabral Libii a su étourdir plus d’un par ses atouts des plus piquants les uns des autres. Mais cela suffira-t-il à accorder du crédit à un personnage dont le casier politique est vide ? La démagogie a encore pris le pas sur le bon sens des hommes dits « intègres » ? A l’heure où les environnements politiques sont en pleines mutations dans le monde, Cabral aurait-il trouvé les ingrédients nécessaires à la composition d’une recette miracle ? Il est trop tôt pour le dire. Les chiffres de l’opération 11 millions d’inscrit n’ont pas atteint leurs quotas. On peut dire sans se tromper que l’objectif 2 de la campagne est plus usuel pour qualifier l’initiative. Les camerounais ont-ils été mis dans la sauce ? L’avenir nous le dira.

4-Quel est le titre du prochain épisode ?

La sympathie de l’opinion pour la formule de Cabral d’encourager les jeunes et femmes de s’inscrire massivement sur les listes électorales tient lieu à un timing bien ficelé par l’initiateur, encore faut-il bien le lire sur les lignes. Cependant nombreux sont les auditeurs et téléspectateurs qui lors d’un dimanche ensoleillé sur Equinoxe TV dans « Dimanche avec vous » ont écouté le nouveau prophète faire allusion à un exorciste, j’allais dire à son « père spirituel » Jean Tabi Manga, Rdpciste dans le sang, ancien Recteur de l’Université de Yaoundé II et actuel patron de validation des manuels scolaires.

La reconnaissance, le renvoi d’ascenseur aurait-il tué le mérite ? La première est un geste noble puisque la gratitude ne se perd jamais ; sauf en politique…Le renvoi d’ascenseur ah ça oui, la bonne veille trouvaille qui date des temps immémoriaux. Mais comment dissocier le politique du politicieux au Cameroun ? Ceci ne tient pas d’un exercice de magie, dos au mur les cartes seront évidemment jettés. Plus on approche de 2018, plus les fantômes font leurs apparitions sur la scène avec de beaux costumes comme pour faire croire à une résurrection de la dernière chance, mais le peuple n’est pas dupe, je veux dire est moins dupe.

La proximité de Cabral avec un chocolat brut du pouvoir, incarnation de l’éminence universitaire fait naitre bon nombre de supputations pas que des politiques ne se doivent d’avoir des « copains » ou des amis, mais de savoir que le copinage même avec une odeur de rumeur avec un des soldats du régime, serait biaisé ses convictions ou sa personnalité, c’est vrai, c’est aussi ça la politique, ce sont les risques de fréquentation ou les conséquences de la perception. On ne parviendrait à faire grève aux opinions, c’est le cycle de la vie publiquement choisie et à assumer.

L’engagement peut être douloureux ou payant, mais les enjeux naissent des décisions entreposées dans la salle des ambitions. Napoléon Bonaparte ne disait-il pas qu’ « un homme sans ambitions est un homme déjà mort ? ». La faune politique camerounaise est tellement ondoyante et diverse qu’il serait difficile de dresser les espèces originelles et celles de bonne foi qui veulent d’un écosystème neuf.

Cracher sur le pouvoir puis déjeuner à sa table, Tchiroma ou Ni John Fru Ndi en savent quelque chose du jeu de salsa politique. L’un devenu aujourd’hui le « cardinal défenseur de la nation » et l’autre s’est muté en une « figure du passé » dont les actes portent l’âge de pierre aux effets non comestibles.

Nous ne sommes plus en 1992 ; il serait imprudent de jeter le passé mais plus sage de composer avec l’avenir. La nation camerounaise a assez supporté des « Judas » venus en « Jonas » en politique, ou des rameaux de maquereau assortis d’alcool en canette, la lointaine contrée en raffole, on parlera de rachat politique, faux, je parlerai de résignation politique et du raccourci opportuniste. L’éducation est un pigeon pour ouvrir l’esprit mais combien sont-ils pour en profiter ? Combien croupissent-ils dans les flamboyées de nos campagnes ? Combien sont-ils à s’offrir un téléviseur écran plat ou un smartphone afin de suivre les pas de leurs champions ?

11 Millions d’inscrits c’est bien beau de draguer politiquement, c’est est une autre de prouver de son amour, et au final quelle juxtaposition sera idoine pour la construction du pays ? D’un souffle ou clin d’œil à la députation, sénatoriale, ou municipale ? Fermons les yeux, ouvrons la conscience, « …moi, je m’occuperai de la présidence… » Avait-il déclaré dans une publication sur la plage de Zuckeberg.

Etoudi et ses mystères, même Ali Baba n’arriverait pas en déchiffrer, les camerounais ont soif, serions-nous dans une impasse ou dans un bol de circonstances soigneusement préparées pour la magistrature suprême ? Il n’y a pas encore eu échec et mat, Gary Gasparov a tout de même fuit son pays pour l’oncle Sam. Si la transition est empreinte d’espoir au Cameroun, il serait urgent de faire bousculer les lignes de Bissog à Cabral, l’heure tourne, 2018 c’est maintenant !

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