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Opinions of Thursday, 11 October 2018

Journaliste: Kand Owalski

Etoudi 2018: les confidences de Maurice Kamto à l'un de ses proches

Écoute, en dehors de tous nos PV, en dehors des fraudes ridicules, en dehors du scandale d'État à propos de la fausse mission de transparency qui prouve à suffisance que nous avons battu la dictature incompétente, je sais qu'il y'a au fond du Cameroun un peuple qui a cru en moi mieux qu'en notre adversaire.

-j'ai été dans l'extrême-nord où j'ai tenu des meetings souvent à minuit avec au rendez-vous toujours au moins mille personnes.

-- j'étais à Belel dans l'Adamaoua ; j'ai vu des femmes pleurer leur souffrance; les populations de Tello et de Idool, apprenant que j'allais traversé leurs villages ont érigé des barrières humaines sur la route pour m'obliger à les rencontrer une seconde. Ils ont fait sortir tout le monde en me promettant de m'aider à résoudre leurs problèmes. Ils n'avaient pas besoin de pain et de sardine, m'a dit un jeune de Tignere; ils avaient besoin d'eau potable, d'électricité, de route, d'école pour leurs enfants, d'hôpitaux et surtout de sécurité contre des kidnappeurs très présents dans ces zones reculées de l'Adamaoua. Je suis arrivé à Nganha'a à 23h30 quand il pleuvait. Ce que j'y ai vu avec ces yeux m'a donné de la chair de poule. À 23h30 la population de Nganha'a était là à m'attendre malgré la pluie. C'était des hommes et des femmes. Il y'en avait une qui tétait son bébé de moins d'un an. Juste à voir cette femme, cette mère et son bébé dans cette tribune, j'ai réalisé à quel point le peuple avait besoin de changement; combien il en avait soif. Pendant une minute je n'ai pas parlé à l'assistance. Je ne pouvais pas. Je sentais que si j'ouvrais ma bouche devant ce paysage mouillé d'une réalité choquante, c'était mes larmes et non mes mots qu'on aurait entendues. Je me suis repris rapidement et j'ai pu tenir mon meeting jusqu'à minuit et plus.

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-- j'étais à Yaoundé, à Dschang, à Nkongsamba, à Douala sous la pluie avec des milliers de jeunes déterminés à faire changer ce pays; ils chantaient leur foi en les capacités ; ils chantaient leur soif de vivre une nouvelle réalité sociale où les chances sont égalitaires. Où as-tu déjà vu çà, qu'un peuple longtemps éloigné de la politique en vienne à s'exposer au froid et à la pluie juste pour écouter un homme ? On veut me faire croire que ce sont ces populations là qui ont voté pour monsieur Biya ?

J'étais à Maroua pour une einieme fois et j'ai vu des gens pleurer, crier, me supplier de les sauver de la misère ; les vidéos sont là. Le peuple camerounais n'est pas masochiste; il ne l'a jamais été. Il avait besoin de quelqu'un qui lui créerait un intérêt à la politique, de quelqu'un en qui mettre sa confiance ; j'en ai été à la hauteur. Le pénalty est entré de la plus belle des manières et il m'est impossible de ne pas défendre ce but ardemment.

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Je repense trop souvent à cet enfant sur la route que j'ai vu boire dans une même flaque d'eau que la bête dont il avait la garde; trop souvent à cette jeune fille de 14ans de Malentouin mère de deux enfants et abandonnée par sa famille et les services sociaux ; trop souvent à ces écoliers de Tchaball assis à même le sol sur des excréments de bœufs qui leur servent de bancs dans un enclos qui leur sert de salle de classe ; je repense très souvent à la promesse que j'ai faite au peuple camerounais d'aller jusqu'au bout, de ne pas le décevoir. . . Et je compte bien la tenir !