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Opinions of Tuesday, 22 May 2018

Journaliste: L'Essentiel No 161

Elections 2018: les Etats-Unis soutiennent un anglophone contre Biya


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L’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Peter Henry BARLERIN a remis au chef de l’Etat camerounais Paul BIYA, un pli fermé émanant de son homologue Donald Trump le jeudi 17 Mai 2018 au Palais de l’Unité. Officiellement ledit pli avait trait à la fête nationale de l’Unité. Au cours de cette audience, la première depuis sa prise de fonction en Décembre 2017, les deux personnalités ont passé en revue la coopération entre les deux nations.

Ils ont évoqué la lutte contre la secte terroriste Boko Haram dans l’Extrême Nord, l’appui multiforme des USA : 300 militaires américains assurent la mission de surveillance aérienne et de fourniture des renseignements dans ce cadre. Ces forces spéciales sont basées à Garoua où elles apportent un appui technique et logistique direct aux forces camerounaises. Deux avions CESSNA de type 208 d’une valeur de 24 milliards de FCFA dans le but de la surveillance et peuvent fournir des informations en temps réel, par la vidéo et la photographie des communications radio aux commandements opérationnels.

Cependant, dans un communiqué remis à la presse, l’Ambassadeur invite le chef de l’Etat de manière diplomatique « l’armée camerounaise organise des assassinats ciblés contre des sécessionnistes anglophones dans les régions du Sud-ouest et du Nord-Ouest. Le président BIYA doit songer à son futur, réfléchir à son héritage et suivre l’exemple de Nelson Mandela et de Georges Washington. Il doit se prononcer sur les élections présidentielles d’Octobre2018 ».

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Ceci s’appelle une ingérence criarde dans les affaires internes d’un Etat souverain, fût-il africain et du tiers-monde. Sans adopter une langue de bois, sans fioriture, ni flagornerie, le gouvernement américain prend deux exemples : Nelson Mandela, le premier président noir d’Afrique du Sud ayant refusé l’idée d’un deuxième mandat, Georges Washington, le premier président américain n’ayant fait qu’un seul mandat.
En clair, il invite donc le président camerounais à renoncer à se représenter en Octobre 2018 à l’élection présidentielle et à envisager sereinement sa succession. Je me souviens des propos tenus l’année dernière par Ni John Fun Ndi: « je serai candidat à l’élection présidentielle si et seulement si Paul BIYA est candidat » coup de tonnerre cette année, lors de la convention du social democratic Front (SDF), Joshua Osih est plutôt choisi comme candidat de ce parti à l’élection présidentielle de 2018. Pourquoi cette volte-face ? Le fait de désigner Joshua Osih prouve-t-il que ce dernier a eu toutes les garanties et toutes les assurances de la non-candidature de Paul BIYA ?

Cette sortie de l’Ambassade américain n’est pas gratuite car, elle survient après l’audience accordée par Paul BIYA au plénipotentiaire américain. Je me souviens également des enjeux de l’élection présidentielle d’Octobre 1992 au
Cameroun où l’Ambassadeur américain au Cameroun de l’époque, Frances Cook s’étant bruyamment engagée aux côtés de l’opposition camerounaise en particulier le SDF de Ni John Fru Ndi. L’Ambassadeur américain s’était illustré en envoyant une lettre au chef de l’Etat camerounais avec ampliation au premier ministre, chef du gouvernement de l’époque Simon Achidi Achu, au président de l’Assemblée Nationale Cavaye Yeguié Djibrill et aux journaux camerounais et étrangers.

La bataille fût rude et Francés Cook engluée dans de multiples scandales de mœurs fût rappelée à Washington et remplacée par Bill Clinton nouvellement élu chef de l’exécutif américain. Barlerin Peter Henry marche-t-il allègrement sur les traces de la très controversée Francés Cook dont la rumeur affirmait qu’elle était colonel de l’armée américaine. Le problème de la succession de Paul BIYA au Cameroun est donc posé de manière à peine voilée par l’ambassadeur américain représentant le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique.

Ne nous voilons pas la face malgré le communiqué du porte-parole officieux du gouvernement camerounais: « il y va du caractère souverain du peuple camerounais d’envisager la succession et la candidature ou non de Paul BIYA à la présidentielle d’Octobre 2018 ». Ne nous voilons d’ailleurs pas la face si cette sortie américaine est liée à la situation insurrectionnelle dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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L’avenir se résume à la non-tenue de l’élection présidentielle dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest. Même si elle se déroulait dans 8 autres régions, la communauté internationale remettrait leur validité en cause du fait de l’insurrection anglophone. Elle brandirait donc la nullité de ces résultats.

C’est donc un mouvement qui ne date pas d’aujourd’hui. Il a été mûrement réfléchi et préparé depuis des années. Les mouvements d’humeur des avocats et des syndicats d’enseignements n’étaient qu’un leurre. « Qui veut noyer son chien l’accuse de rage» ce mouvement insurrectionnel n’est pas né au hasard, il découle de multiples complicités internes et extérieures tendant à précipiter le départ de Paul BIYA. La balle est donc du côté du pouvoir actuel et la décision du sphinx Paul BIYA est donc vivement attendue pour édifier le peuple camerounais et la communauté internationale.

Différents scenarii sont donc envisageables : soit Paul BIYA renonce et il se posera le problème du passage de témoin à un anglophone et non plus à un francophone. Suivez seulement mon regard car, à qui profite le crime ? Soit Paul BIYA persiste à se succéder à lui-même et là, il faudrait saboter la tenue ou la validité des résultats créer le chaos et rendre le pays ingouvernable.

En tout cas, l’élection présidentielle d’Octobre prochain sera tout, sauf un long fleuve tranquille car le communiqué de l’Ambassade américaine n’est pas dénué de tout préjugé futur je l’interpréterai comme un avertissement. Wait and see…

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