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Opinions of Friday, 19 November 2021

Auteur: Louis-Marie Kakdeu

Cameroun : le GICAM applique la politique de la terre brûlée !

Célestin Tawamba, président du Gicam Célestin Tawamba, président du Gicam

Dans une tribune publiée il y a quelques heures, Louis-Marie Kakdeu dénonce un jeu "malsain" auquel se livrerait le groupement inter patronal du Cameroun (Gicam). L’auteur dénonce la recherche de l’enrichissement personnel et à grande vitesse de certains membres du patronat camerounais « quitte à ce que le pays brûle après ». La rédaction de CamerounWeb vous propose la tribune de Louis-Marie Kakdeu

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"C'est dommage ! Le GICAM passe à la surenchère. Il rejette les mesures déjà très discutables prises par le gouvernement pour accorder un rabattement de 80% sur les droits de douanes aux importateurs.

Nous rappelons que cette mesure curieuse sans demande de contrepartie partie était incompréhensible parce que non viable pour l'économie nationales dans la mesure où elle n'imposait pas aux importateurs de commencer à produire localement.

Un Etat normal n'a aucun intérêt à subventionner les importations. Il subventionne plutôt la production locale parce que cette dernière permet de créer la richesse au niveau local. Pourtant, les importations permettent uniquement d'enrichir les pays fournisseurs et quelques individus au niveau national.
La politique de la terre brûlée consiste pour certains individus importateurs qui prennent en otage à la fois le GICAM et le gouvernement, de privilégier leurs intérêts immédiats (accumuler leurs milliards à grande vitesse) quitte à ce que le pays brûle après.


Vision à court terme

Si tout le monde est d'accord, même au niveau du GICAM, que la solution durable et viable se trouve dans l'opération des réformes structurelles, il faut noter que tout le monde devrait accepter de faire des efforts, chacun à son niveau, pour limiter les dégâts.

Les patrons doivent accepter à leur niveau de rogner un peu sur leurs marges. Ils doivent accepter d'investir au niveau national quitte à ne gagner qu'à long terme. Vous ne pouvez plus être importateur de riz ou de blé et avoir zéro hectare de culture locale. Vous ne pouvez plus être un opérateur économique qui n'a aucune usine nulle part dans le pays. Les patrons doivent donc accepter de passer d'une vision à court terme à une vision à long terme. On ne peut pas applaudir des opérateurs économiques qui n'ont qu'une vision immédiate et qui se contentent de faire le commerce.

Dans tous les cas, la science ne ment pas. Nous disons au gouvernement en vain depuis 30 ans de soutenir la production locale. Ils ont dit qu'ils maîtrisaient. Voilà le résultat alors! Les jeunes disent que ce sont les pleurs du Mbole!"