De plus en plus pressée par son époux de retrouver l'anneau dont elle ne s'expliquait pas la disparition, Marie-Josée N. l'a retrouvé mardi sur une présumée concubine de celui-ci.
« On t'attend ici à Bonapriso ! », Edouard N., architecte de 42 ans, était ainsi convoqué mardi par son épouse Marie-Josée, secrétaire de direction dans sa trentaine. L'homme n'est jamais arrivé sur les lieux, parce que la situation était compliquée. D'ailleurs, les forces de l'ordre s'en étaient mêlées. La situation ? Une histoire d'alliance censément égarée, et retrouvée de la plus improbable des manières.
Selon les informations obtenues par CT, Marie-Josée ne retrouvait plus son alliance depuis deux mois. Elle a fouillé en vain son domicile conjugal sis à Bali (Douala 1er), soupçonné la femme de ménage, qui a juré être innocente, puis demandé à son époux. « Je fais quoi avec ça ? J'ai la mienne ! », a-t-il alors répondu. Le dernier souvenir que Marie-Josée avait du bijou, c'est qu'elle l'avait récemment posé sur son lit... Un mois après le constat de la disparition, Edouard N. est devenu pressant, en mode mari jaloux : sa femme devait retrouver cette alliance au plus vite. Et puis le Destin y est allé de son grain de sel.
Samedi dernier, la prénommée Véronique, amie de Marie-Josée, est dans un salon de coiffure à Bonapriso. Parmi les clientes, une dame suffisamment joyeuse pour avoir envie de raconter son bonheur : son homme vient de lui offrir une bague de fiançailles. Et avec ce geste de la main gauche qui laisserait penser que les doigts sont animés d'une vie propre, elle exhibe le petit cercle doré lui ceignant l'annulaire. Elle continue en disant que le joaillier a néanmoins fait une erreur en gravant l'intérieur du jonc. Au lieu de son prénom, Marie-Jeannine, il a marqué « Marie-Josée ». Mais rectification suivra. L'histoire fait tiquer Véronique, bien au fait des soucis « annulaires » de son amie. Pendant qu'on traite ses cheveux, elle prête attention à la suite.
La fameuse « fiancée » est venue faire laver sa tête, et repassera dans trois jours pour la coiffure. Véronique parvient à la filmer discrètement. Informée, Marie-Josée n'en revient pas. « Calme-toi. Tu iras là-bas mardi à 16h », lui dit son amie. Au prix d'un gros effort de volonté, l'épouse d'Edouard N. ne lui dit rien. Lundi soir, il y a quand même une sorte de message indirect.
Dans une prière vocale, elle dit : « Seigneur, j'ai été accusée d'avoir perdu mon alliance. Si c'est quelqu'un qui l'a prise, fais-moi le découvrir. » Amen ? Le lendemain, notre secrétaire de direction demande la permission de quitter le service plus tôt que l'habitude. Elle arrive au salon avec des produits pour son entretien capillaire, et attend. Pas longtemps. Marie-Jeannine la suit de peu. Marie-Josée la reconnaît, regarde à son quatrième doigt gauche et obtient la « réponse » du Seigneur. Sans sommation elle bondit sur la nouvelle venue et agrippe le-dit doigt. « Donne-moi mon alliance ! ». Une bagarre s'engage. Dans ce salon de coiffure, les deux femmes se crêpent le chignon. Des produits sont renversés, un casque est ébréché. Les deux protagonistes sont toutes deux d'un assez beau gabarit (apparemment, le « goût » du sieur Edouard N.), et les séparer n'est pas facile.
À l'arrivée des forces de l'ordre, Marie-Josée déclare sans ambages : « Elle porte mon alliance. » Avant d'ajouter que l'anneau porte ses prénoms entourés de deux étoiles. Invitée à s'ôter le bijou pour vérification, Marie-Jeannine refuse dans un premier temps. Un policier la gronde et, telle un Golum (personnage du « Seigneur des Anneaux ») penaud, elle retire la bague. Marie-Josée a dit vrai. A l'appui, elle sort sa CNI. A sa rivale, la police demande d'où elle tient la bague. Réponse : de son fiancé. Force sera de reconnaître que ce fiancé est le mari d'autrui. Avec Marie-Josée dans le rôle d'autrui.
Au moment où nous allions sous presse, Edouard N. était attendu à l'unité de police où l'alliance, pièce à conviction, a été déposée.
Alliance Nyobia









