Le Ndolè Sawa entre dans le droit de la propriété intellectuelle. Le certificat protège un nom et un signe ; il faudra désormais protéger le savoir-faire, les producteurs et l’accès équitable à la valeur créée.
Le ministre du Tourisme a remis le 27 octobre au président du Ngondo le certificat d’enregistrement de la marque collective Ndolè Sawa auprès de l’OAPI. La protection, annoncée pour dix ans renouvelables, permet de distinguer une spécialité liée à une communauté et à un territoire. Elle peut soutenir la promotion touristique, la restauration, les produits transformés et les événements gastronomiques.
Une marque collective n’est pourtant pas la propriété d’une recette familiale unique. Elle fonctionne avec un règlement d’usage : critères, contrôles, membres autorisés et sanctions. Il faudra préciser la place des restauratrices, agriculteurs qui produisent les feuilles amères, transformateurs d’arachide, pêcheurs et communautés sawa. Si les règles sont trop fermées, elles excluront ceux qui font vivre le plat ; trop vagues, elles ne protégeront rien.
Le potentiel économique est réel. Des circuits culinaires, formations, emballages certifiés et festivals peuvent associer Douala à une expérience identifiable. Mais la valeur ne doit pas s’arrêter au logo. Les revenus, la transmission et la qualité doivent progresser ensemble.
Le Ndolè Sawa peut devenir un modèle pour d’autres spécialités camerounaises si la gouvernance de la marque est transparente et si les cuisinières, souvent premières ambassadrices du mets, participent aux décisions.









