Culture of Monday, 21 September 2026
Source: www.camerounweb.com
On ne peut pas s'empêcher de tiquer à l'écoute de l'histoire. La jeune dame était promise à un mort. Comment et pourquoi ? Elle le dit.
Mon histoire me choque moi-même jusqu'à présent. J'étais promise à un mort. Dans notre village, quand une femme était enceinte, on faisait les rites sur elle pour savoir si c'était une fille ou un garçon. Si c'était une fille, on lui choisissait déjà un mari. Et ma mère était enceinte, quand on avait su que c'était une fille, c'est-à-dire moi, on m'avait déjà attribué un mari.
Quand je fus née, j'avais déjà un mari commis d'office sans le savoir. Un homme du village mûr, qui était veuf depuis quelques temps. Ma mère n'était pas du tout d'accord avec cela, mais elle n'avait guère le choix car on jetait une malédiction à toutes celles qui n'étaient pas consentantes.
Quand j'eus 12 ans et que j'étais déjà pratiquement prête pour que ce soi-disant mari vienne me chercher, il mourut d'une chute dans un arbre dans la brousse. Ma mère savait que la mort de cet homme nous avait libérées.
Mais le jour de l'enterrement de cet homme, des gens sont venus à la maison et me saisirent de force. Ils disaient que je devais suivre mon mari dans son nouveau monde sinon il n'allait jamais être heureux et allait hanter le village. Il était question que je sois enterrée avec lui. Tout était déjà prêt, deux tombes creusées et les gens autour pour observer la scène.
Je ne sais pas comment je fis, je mordis la main d'une personne et réussis à sortir de leurs mains. Ma mère et moi avons fui et sommes parties loin de ce village le même jour.
Ça fait aujourd'hui 10 ans que nous nous sommes enfuis de ce village. Jamais un homme ne m'a regardée pour me dire qu'il est intéressé par moi. Je suis là, même pas l'ombre d'un homme à mes côtés. Je ne comprends pas ce qui se passe.
J'ai un très bon travail, je prends bien soin de moi, mais c'est comme s'il y a un drap sur moi qui fait que les hommes ne me voient pas du tout.