Actualités Criminelles of Friday, 17 April 2026

Source: www.camerounweb.com

'Mgr Bala, un crime trop parfait'

'Je suis dans l'eau' 'Je suis dans l'eau'

« Mgr Bala, un crime trop parfait. Une enquête sur la disparition de l’Évêque de Bafia » est un livre écrit par Léger Ntiga.

Le 31 mai 2017, une onde de choc a traversé le Cameroun tout entier. Les populations apprenaient la disparition de l'évêque de Bafia, Mgr Jean-Marie Benoît Bala. Une annonce dont l'émoi aura été plus grande du fait des circonstances troublantes de la découverte du véhicule, sur le pont du fleuve Sanaga à Ebebda dans le département de la Lékié. La nouvelle qui a bouleversé s'en ira retentir avec force à Oveng le village natal dans la Mefou-Akono de Mgr Jean-Marie Benoît Bala.

Entre pleurs, interrogations et étonnement, les populations abasourdies n'imaginaient pas encore, l'ampleur et l'étendue de la tragédie naissante. Notamment parce que dans la voiture de marque Toyota Land cruiser Prado immatriculée CE9503V stationnée sur le pont, en direction de Bafia, l'on découvrira une note assortie des armoiries du diocèse, supposée écrite et signée de l'évêque, «je suis dans l'eau». Absurde! Sur la même banquette du véhicule, le dossier de la voiture, la carte nationale d'identité du prélat comme d'ailleurs sa carte cléricale, sont distinctement posés. C'est dans ce contexte que les enquêtes sont ouvertes par les autorités camerounaises. L'on apprendra que c'est l'Abbé François-Xavier Ayissi de la paroisse de Balamba dans le diocèse de Bafia, qui fait la terrible découverte.

En direction de Yaoundé, il traverse le pont sur le fleuve Sanaga à Ebebda. Au beau milieu de cet ouvrage, il reconnaît le véhicule de l'évêque de son diocèse. La voiture est stationnée sur le pont, en direction de Bafia. Le prélat s'arrête, se rapproche du véhicule et constate que l'évêque ne s'y trouve pas...
L'Abbé François-Xavier Ayissi et la sœur Eleonora donnent aussitôt l'alerte. Le corps sans vie de Mgr Bala sera retiré des eaux de la Sanaga au lieudit Ntsang, non loin de Monatélé, au matin du 02 juin 2017, dans la désolation générale. Deux mois durant, deux thèses vont s'affronter. Celle du suicide soutenue par les pouvoirs publics et celle de l'assassinat défendue par l'Eglise. C'est sans avoir démêlé l'écheveau que Mgr Jean-Marie Benoît Bala est inhumé le 04 août 2017 en la cathédrale St Sébastien de Bafia. Et depuis lors, plus rien!
Suffisant pour qu'un journaliste expérimenté et passionné par la vie de l'Eglise catholique qui est au Cameroun, s'investisse en confrontant les thèses, hypothèses, versions et témoignages, à la manifestation de la vérité dans cette autre mort violente d'un ouvrier apostolique au Cameroun.

Auteur de plusieurs ouvrages, le Journaliste camerounais Léger Ntiga est reconnu comme l’un des meilleurs praticiens du journalisme d’enquête au Cameroun. Chrétien catholique pratiquant, il a publié quelques mois seulement avant la macabre disparition de Mgr Jean-Marie Benoît Bala, « L’Eglise des martyrs au Cameroun ». Un ouvrage dans lequel, il retrace le sinueux parcours des crimes de sang commis contre prêtres, religieux et religieuses dans le pays. Consultant senior en communication auprès de nombreux organismes, il a pratiquement, depuis deux décennies, fait le tour des principales rédactions du Cameroun, il a occupé les postes d’encadrement les plus élevés.

Actuellement expert en Communication auprès du Barreau du Cameroun dans son Projet avec l’Union européenne : Barreau – Gouvernance – Etat du Cameroun relatif à la promotion des droits civils et politiques, celui de la SNV dans le cadre de la mise en œuvre du Plan du Développement Local (PDL) et de la Rénovation du niveau de vie (RNV), du Projet de Barrage hydroélectrique de Lom Pangar au Cameroun.

Formateur de la Fédération mondiale des journalistes scientifiques (WFSJ), il est surtout instructeur au Programme africain d’Adaptation au Changement climatique. Marié et père de cinq enfants, Léger NTIGA est enseignant de droit dans des écoles de communication.