Après le chaos du 26 février au Stade Militaire de Yaoundé, la Colombe Sportive du Dja et Lobo a publié un communiqué officiel pour expliquer les raisons de son retrait de la pelouse et dénoncer ce qu'elle qualifie d'arbitrage partisan.
Le ton est ferme, la plume acérée. Signé de la main du Secrétaire Général Mvomo Andjongo Jérôme Aimé, le communiqué publié par la Colombe Sportive du Dja et Lobo depuis Sangmélima le 26 février 2026 lève le voile sur les coulisses d'une soirée qui a viré au scandale.
La direction du club ne regrette pas sa décision. Bien au contraire, elle l'assume et en détaille les fondements. Selon le club, le retrait des joueurs de la pelouse lors du Trophée des Champions face à la Panthère Sportive du Ndé n'est pas un coup de tête, mais l'aboutissement d'un ras-le-bol accumulé. "Les dirigeants de la Colombe ont convenu de faire sortir leurs joueurs du stade en guise de protestation", écrit le communiqué, soulignant que cette décision a été concertée et réfléchie, non subie.
Ce qui est particulièrement accablant dans ce document, c'est la révélation d'un schéma répété. En l'espace d'une seule semaine, la Colombe a affronté à deux reprises la Panthère du Ndé. À chaque fois, selon le club, le même scénario trouble se serait reproduit : des dirigeants adverses entrant aux vestiaires pour "causer avec les arbitres" à la mi-temps, suivis de décisions contestables en faveur de la Panthère dès la reprise. Dimanche à Bandjoun, puis ce mercredi soir à Yaoundé, le penalty accordé, non signalé par l'assistant, doublé d'un carton rouge au capitaine de la Colombe — autant de faits que le club présente comme des "preuves manifestes d'injustice de nature à compromettre gravement la neutralité de l'arbitrage."
Le club tient cependant à préciser qu'il n'est pas dans une posture d'affrontement avec les institutions. Il rappelle, non sans ironie, que la Panthère avait déjà battu la Colombe lors de la dernière finale de la Coupe du Cameroun — dans des conditions régulières, sous-entend-il — et que son équipe avait alors fait preuve de fair-play et de respect des résultats. "La Colombe s'est montrée, comme à son habitude, calme, fair-play et soucieuse du vivre ensemble", insiste le communiqué.
Loin de claquer la porte à la FECAFOOT, le club dit au contraire "compter sur la clairvoyance des dirigeants de la fédération pour rétablir la justice." Un appel direct à Samuel Eto'o et à son staff, qui étaient présents dans les tribunes au moment du chaos.
Le dossier est désormais ouvert et brûlant. D'un côté, la Panthère Sportive du Ndé créditée du trophée après l'abandon de son adversaire. De l'autre, la Colombe du Dja et Lobo qui exige réparation et dénonce publiquement, preuves à l'appui selon elle, une dérive arbitrale systémique.
Le comité d'homologation de la FECAFOOT devra statuer — et sa décision dira beaucoup sur la capacité de la fédération à gérer ses propres crises en toute transparence. Une chose est sûre : le football camerounais, déjà fragilisé par de nombreuses polémiques arbitrales ces dernières saisons, ne peut se permettre que ce type d'incidents reste sans réponse claire et ferme.









