Le ministre des Sports et de l'Éducation physique, Narcisse Mouelle Kombi, préside ce vendredi 18 septembre 2026 une réunion préparatoire aux rencontres Cameroun-Comores et Congo-Cameroun des 24 et 29 septembre, comptant pour les éliminatoires de la CAN 2027. Une rencontre à laquelle sont conviées « toutes les administrations et structures impliquées ». Mais au regard des relations exécrables entre le MINSEP et la FECAFOOT de Samuel Eto'o, la question de la participation de la fédération à cette réunion se pose avec acuité.
C'est une réunion qui aurait dû aller de soi. À cinq jours du coup d'envoi des éliminatoires de la CAN 2027, le ministre des Sports et de l'Éducation physique a convié « toutes les administrations et structures impliquées dans la préparation et l'organisation » des matchs Cameroun-Comores et Congo-Cameroun à une séance de travail. L'ordre du jour est simple : coordonner les efforts pour que les Lions Indomptables puissent aborder ces deux premières journées dans les meilleures conditions possibles.
Depuis plusieurs mois, les relations entre le ministère des Sports et la FECAFOOT sont marquées par une défiance profonde et des affrontements à répétition. En janvier 2026, le ministre Mouelle Kombi avait « dynamité le staff technique de Samuel Eto'o » en affectant David Pagou et Tinkeu Nguimgou Narcisse dans la région de l'Est, une décision prise en plein bras de fer entre les deux institutions . Plus récemment, en mai 2026, l'inauguration du nouveau siège de la FECAFOOT à Warda avait été l'occasion pour le Premier ministre Joseph Dion Ngute d'adresser une mise en garde à peine voilée à Samuel Eto'o, l'invitant à faire de ce siège « un espace de dialogue constructif » et pointant du doigt une gestion « rythmée par des conflits ouverts avec le Ministère des Sports » .
La crise a atteint un point de non-retour fin 2025, lorsque le ministère des Sports a demandé l'interdiction de l'Assemblée générale élective de la FECAFOOT, où Samuel Eto'o était le seul candidat autorisé . Dans ce climat, chaque réunion conjointe devient un exercice d'équilibriste.
Les conséquences de cette guerre institutionnelle se sont déjà fait sentir sur le terrain. En juin 2026, les Lions Indomptables n'ont disputé aucun match de préparation, la FECAFOOT ayant refusé des offres d'amicaux jugées financièrement insuffisantes. Une décision que le ministère des Sports n'a pas manqué de critiquer, un proche du ministre déclarant à Jeune Afrique : « Quand on a l'opportunité d'affronter une équipe qui va jouer la Coupe du monde, même pour 45 000 ou 70 000 euros, on y va et on aligne sa meilleure équipe » .
Samuel Eto'o a, de son côté, adopté une posture de retenue publique. Interrogé par France 24 en janvier 2026, il déclarait : « Même si nous avons des désaccords, c'est mon patron. Mais quand nous avons les points de vue différents, je trouverai toujours le meilleur canal pour m'exprimer » .
Une réunion sous tension
La réunion de ce vendredi 18 septembre, prévue à 11 heures dans la salle des conférences du MINSEP, intervient donc dans un contexte où chaque camp surveille l'autre. La question n'est pas seulement de savoir si la FECAFOOT sera présente, mais dans quelles conditions et avec quelle marge de manœuvre.
Pour les observateurs, l'enjeu dépasse la simple organisation logistique des matchs. Il s'agit de savoir si l'État et la fédération sont capables de mettre de côté leurs différends pour accompagner les Lions Indomptables dans un début de campagne qualificative crucial. Le Cameroun, placé dans le groupe G avec les Comores, la Namibie et le Congo, n'a plus le droit à l'erreur après avoir manqué la Coupe du monde 2026.
La réponse à cette question déterminera, en partie, la sérénité avec laquelle David Pagou et ses hommes aborderont le match du 24 septembre au stade Roumdé Adjia de Garoua.









