Infos Sports of Sunday, 27 September 2026
Source: www.camerounweb.com
Le monde du football camerounais vient de perdre un de ses plus valeureux entraineurs. Il s’agit de Moustapha Alim dit Rahim qui est décédé le samedi 26 septembre 2026 des suites d'un arrêt cardiaque survenu à son domicile, juste après sa séance d'entraînement.
Pour ceux qui l'ont connu, Rahim n'était pas un joueur ordinaire. Il a été inhumé à Foumban.
C'était "Le 10", comme on aimait l'appeler affectueusement. Ancienne gloire du football dans le département du Noun et dans toute la région de l'Ouest, il a marqué l'histoire du championnat local sous les couleurs du Racing de Bafoussam avec qui il a été vainqueur de la coupe du Cameroun en 1996.
Très bon techniquement, il était la star incontestée du département du Noun. Après sa carrière de joueur, il n'a jamais quitté le football. Il a mis son expérience au service de la relève en intégrant le staff technique de Fédéral du Noun et aussi de Volcan du Noun, où il a formé de nombreux jeunes.
Le corps du regretté repose actuellement à son domicile à Foumbot.
Le génie balle au pied
Pour ceux qui l'ont vu jouer dans les années 1990, Pefoura Moustapha Alim n'était pas un footballeur comme les autres.
« Le 10 », comme on l'appelait affectueusement, était réputé pour sa technique, son élégance balle au pied et sa capacité à faire la différence sur un terrain.
Dans la mémoire de ceux qui l'ont connu durant cette période, il figure parmi les joueurs les plus techniques de sa génération dans la région de l'Ouest.
À une époque où les rencontres de football constituaient de véritables événements populaires, son talent attirait les regards et faisait rêver toute une jeunesse.
Le surnom de « 10 » lui allait d'ailleurs particulièrement bien.
Dans le football traditionnel, le numéro 10 est celui du créateur, du joueur capable d'inventer une solution là où les autres ne la voient pas. Celui qui reçoit le ballon et que le public regarde avec l'espoir qu'il va se passer quelque chose. Rahim était de cette école.
Une histoire liée au Racing de Bafoussam
Son parcours l'a notamment conduit sous les couleurs du Racing de Bafoussam, l'un des clubs historiques du football camerounais.
À travers cette expérience, Rahim a inscrit son nom dans une période importante de l'histoire du football de l'Ouest.
Mais son influence ne s'est pas limitée aux terrains de haut niveau.
Dans son Noun natal, son nom est resté associé à une génération de footballeurs et à une jeunesse pour laquelle il représentait une référence.
À Foumbot comme dans d'autres localités du département, il était devenu une figure familière du football local.
Du joueur au coach
La fin de sa carrière de joueur n'a pas signifié la fin de son histoire avec le football. Bien au contraire. Rahim est devenu coach. Il a choisi de transmettre aux jeunes ce qu'il avait appris au cours de sa carrière : la technique, la discipline, la lecture du jeu et surtout l'amour du football.
Il a notamment apporté son expérience au sein des staffs techniques de Fédéral du Noun et de Volcan du Noun, contribuant ainsi à l'encadrement et à la formation de jeunes footballeurs.
Cette deuxième vie dans le football est peut-être l'un des aspects les plus importants de son héritage. Car un grand joueur disparaît avec sa génération.
Mais un éducateur laisse derrière lui des joueurs qu'il a formés, des gestes qu'il a transmis et une philosophie du jeu qui continue à vivre à travers ceux qu'il a accompagnés.
Le football perd un passionné
La disparition de Rahim est aussi particulière par les circonstances.
Il s'en est allé alors qu'il venait encore de pratiquer ce qui avait constitué l'une des grandes passions de sa vie : le football. Son dernier entraînement aura ainsi pris, tragiquement, une dimension symbolique.
Jusqu'au bout, le ballon était là. Et jusqu'au bout, Rahim était resté « Le 10 ».
Une mémoire à transmettre
Les générations actuelles connaissent peut-être moins ces joueurs qui ont animé le football camerounais avant l'ère des réseaux sociaux et des archives numériques.
Pourtant, leurs histoires constituent une partie essentielle de notre patrimoine sportif. L'histoire du football camerounais ne se résume pas aux Lions indomptables, aux Coupes d'Afrique, aux grands clubs ou aux joueurs devenus célèbres sur la scène internationale.
Elle s'est également écrite dans les championnats régionaux, les clubs locaux, les terrains de quartier et les stades de l'Ouest. Pefoura Moustapha Alim appartient à cette histoire. Il appartient à cette génération qui a fait aimer le football à toute une jeunesse.
Il appartient à cette mémoire du football du Noun qu'il devient aujourd'hui urgent de préserver.
« Le 10 » s'en va, mais la légende demeure
Aujourd'hui, la tristesse est grande à Foumbot, dans le Noun et au sein de la grande famille du football de l'Ouest. Le corps du regretté repose actuellement à son domicile à Foumbot. Selon les informations communiquées par ses proches, il sera ensuite acheminé à Foumban, où se dérouleront les cérémonies funéraires et l'inhumation.
À sa famille, à ses proches, à ses anciens coéquipiers, aux joueurs qu'il a encadrés et à tous ceux qui ont partagé avec lui l'amour du football, nous adressons nos sincères condoléances.
Pefoura Moustapha Alim n'est plus. Mais il restera Rahim. Il restera « Le 10 ». Il restera ce joueur dont on racontera encore les gestes techniques, les matchs et le talent. Et il restera surtout ce coach qui aura choisi de transmettre son amour du football aux générations suivantes.
Repose en paix, Coach Rahim.
Repose en paix, « Le 10 ».
Le paquebot du football local s'en est allé.
Mais sa trace demeure dans la mémoire du Noun.
Que la terre de nos ancêtres te soit légère.
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