Infos Sports of Monday, 7 September 2026

Source: www.camerounweb.com

Lion Indomptable : La désacralisation du brassard des Lions Indomptables par Samuel Eto’o

Quelle est donc cette équipe nationale de haut niveau qui change de capitaine à chaque rassemblement Quelle est donc cette équipe nationale de haut niveau qui change de capitaine à chaque rassemblement

Beaucoup de Camerounais dénoncent une désacralisation du brassard de capitaine des Lions Indomptables sous la présidence de Samuel Eto’o à la FECAFOOT. Eto’o est accusé de chercher à préserver son statut de seule grande référence du football camerounais en marginalisant des joueurs populaires ou talentueux comme Nouhou Tolo, André Onana et Carlos Baleba.

Au Cameroun, le brassard de capitaine de l’équipe nationale de football n’a jamais été un simple morceau de tissu élastique glissé autour du bras.

C’était une relique, une couronne, un symbole d'autorité sacrée.
On se souvient avec émotion de ces figures tutélaires qui portaient ce poids avec une dignité presque royale : Stephen Tataw, Rigobert Song, Emile Mbouh, Thomas Nkono, Joseph-Antoine Bell, Jacques Songo'o.

À cette époque bénie, même un enfant à la maternelle pouvait vous réciter sans hésiter le nom du capitaine des Lions Indomptables. Le pays avait des repères, et ces repères avaient un visage.

Aujourd'hui, ce mythe est mort, assassiné sur l’autel d’un ego surdimensionné.

Depuis qu’il est à la tête de la Fédération Camerounaise de Football (Fecafoot), Samuel Eto’o Fils mène une guerre psychologique sous-jacente contre la notion même de leadership au sein du vestiaire.

Regardez les faits : en l'espace de quelques années, le brassard est devenu une patate chaude qu’on se passe de main en main, de match en match. Vincent Aboubakar, André-Frank Zambo Anguissa, Devis Epassy, Nouhou Tolo… et demain, sans doute un anonyme propulsé là non par hasard, mais par le désir ardent de ne pas créer de grand capitaine, capable de pirter ce titre.

Le premier péché capital aujourd'hui à l'équipe nationale du Cameroun, c'est d'être talentueux et acclamé. Ce privilège est une exclusivité du président de la fédération.

Quelle est donc cette équipe nationale de haut niveau qui change de capitaine à chaque rassemblement ?

La vérité est aussi claire qu'amère : Samuel Eto’o ne veut pas d’un capitaine. Il veut d'unemarionnette. Il ne veut pas qu'une star émerge à côté de lui, même plusieurs années après sa retraite sportive.

Nouhou Tolo était le chouchou du public et du sélectionneur David Pagou lors de la dernière CAN ? Il ne doit y avoir qu’une seule légende, un seul soleil autour duquel tout le système solaire du football camerounais doit tourner. Comment ose til? C'est de l'indiscipline aggravée. Il est écarté.

André Onana joue à Manchester united? Il est trop zélé. Comment ise til se faire acclamer par la foule en Ouganda? La seule légende de toute l'Afrique c'est Eto'o.

Carlos Baleba est annoncé partout piur 100 millions d'euros? C'est un blasphème: il a pris la grosse tête. Il fait la concurrence à Eto'o. Il faur l'écarter.

Eto'o tue et brise les talents. Le brassard instable de capitaine en est la preuve. Il agit comme s’il avait lui-même importé le football en Afrique ne tolère aucun ombrage.

Pour régner sans partage, il lui faut étouffer les talents, banaliser les cadres et détruire les symboles de l'autorité sur le terrain. Aucun capitaine sous sa mandature ne semble destiné à durer ou à imprimer sa marque sur plusieurs compétitions d'affilée.

Au lieu de gouverner et de bâtir notre football, le président de la Fecafoot s'emploie à effacer les mémoires.

Et le plus tragique réside dans le spectacle de ses partisans, fiers de répéter à l'envi que tel ou tel joueur actuel « n'a rien gagné avec l'équipe nationale ». Comme si l'objectif suprême était de rabaisser cette génération pour que la précédente reste éternellement intouchable.

On refuse de voir la réalité d'un passé pourtant bien documenté : celui du joueur talentueux parmi tant d'autres de sa génération, certes, mais aussi du plus indiscipliné, souvent au centre des tempêtes et des exclusions de l'équipe nationale.

Devons-nous nous taire ? Devons-nous accepter cette dérive simplement parce que nous ne partageons pas les mêmes réseaux d'influence, la même quête d'adulation aveugle ou les mêmes compromissions ? Absolument pas. Le brassard des Lions Indomptables a une histoire, une âme, et il est du devoir de ceux qui ont suivi et chroniqué ce football de s'élever contre sa clochardisation.

L'histoire du football camerounais est plus grande que la destinée d'un seul homme, aussi prestigieuse fut sa carrière sur les terrains. Ce règne de l'égocentrisme et cet anathème jeté sur nos talents finiront par passer. La vérité prévaudra, et le brassard des Lions Indomptables retrouvera un jour la sacralité et le respect qu'il n'aurait jamais dû perdre.

Jean-Claude Mbede Fouda, Ancien Journaliste de Sports