Infos Sports of Tuesday, 27 January 2026
Source: www.camerounweb.com
La polémique enfle autour du double statut de David Pagou, actuel entraîneur des Lions Indomptables et coach de Coton Sport de Garoua. Une situation qui divise l'opinion publique camerounaise, entre soupçons d'intérêts personnels et réflexion plus large sur l'avenir du football local.
Dans une publication postée ce 26 janvier sur sa page officielle, la journaliste sportive Priscille Messengue a livré une analyse nuancée de cette double fonction, souvent décriée mais qu'elle considère, loin des procès d'intention, comme une opportunité stratégique.
Pour certains observateurs, le technicien camerounais — enseignant d'Éducation Physique et Sportive, sans contrat salarial officiel avec la sélection nationale — chercherait avant tout à sécuriser ses revenus à travers un engagement en club. Une lecture que rejette la journaliste, qui y voit plutôt une démarche susceptible de renforcer le championnat local et de favoriser la promotion des talents nationaux.
Selon Priscille Messengue, cette double casquette offre plusieurs avantages non négligeables. « Parmi les avantages, cette double casquette permet une connaissance fine du championnat local, un suivi quotidien des joueurs et une meilleure immersion dans les réalités nationales », écrit-elle. Elle souligne qu'un sélectionneur ancré dans le football local dispose d'une meilleure capacité de détection, comprend plus aisément les dynamiques internes des clubs et peut promouvoir les joueurs réellement performants.
Dans un environnement où le football local souffre parfois d'un déficit de visibilité, cette proximité avec le terrain représente, selon elle, un atout majeur.
La journaliste rappelle par ailleurs que le cas de David Pagou n'est pas une exception sur la scène internationale. « À l'étranger, des cas similaires ont existé, souvent de manière transitoire ou dans des contextes spécifiques », précise-t-elle, citant notamment l'exemple de l'Islandais Heimir Hallgrímsson, qui avait cumulé fonctions en club et en sélection avant l'Euro 2016. En Afrique également, certains sélectionneurs ont conservé un pied en club, notamment dans des championnats en phase de structuration, afin de rester connectés aux réalités du terrain.
Cependant, Priscille Messengue ne ferme pas les yeux sur les limites de cette configuration. Elle estime que le double statut ne peut réellement fonctionner que dans des environnements où l'indépendance, la transparence et l'impartialité des entraîneurs sont pleinement garanties. Sans ces garde-fous, le risque de conflits d'intérêts demeure réel et pourrait fragiliser la crédibilité du projet sportif national.
Entre opportunité de développement et zone de turbulences, le débat reste donc ouvert. Une chose est certaine : la sortie de Priscille Messengue relance la réflexion sur la gouvernance du football camerounais et la place à accorder aux acteurs du championnat local dans la construction des Lions Indomptables de demain.