Infos Sports of Friday, 28 August 2026

Source: www.camerounweb.com

Carnet noir : Décès du joueur Thomas Legrand Kuissi Tchouenkam

Le football camerounais est en deuil. Thomas Legrand Kuissi Tchouenkam, affectueusement appelé « Le grand Kuissi » ou « Bâtiment », « Le Roc», s’est éteint ce 27 août 2026, à l’âge de 36 ans, des suites de maladie. Avec lui disparaît un défenseur central dont la valeur sportive n’aura malheureusement pas été reconnue à la hauteur de ses performances. Le football camerounais vient de perdre l’un de ses défenseurs les plus solides et les plus attachants. Thomas Legrand Kuissi Tchouenkam, digne fils de Nkongsamba, a tiré sa révérence, laissant derrière lui une carrière faite de courage, de constance et de performances qui auraient mérité davantage de reconnaissance. Né le 1er janvier 1990, « Le grand Kuissi » avait tout du défenseur à l’ancienne. Puissant dans les duels, intraitable dans l’axe, imposant dans le jeu aérien et difficile à contourner, il avait hérité du surnom de « Bâtiment », tant sa présence physique impressionnait ses adversaires. Un profil qui, par sa régularité et son engagement, n’était pas sans rappeler, à son niveau, certains grands défenseurs qui ont marqué le football camerounais, à l’instar d’Emmanuel Kundé, de Kalla Nkongo ou encore de Rigobert Song Bahanag.

Une carrière solide, une reconnaissance insuffisante

C’est sous les couleurs du Stade Renard de Melong que Thomas Legrand Kuissi va véritablement écrire les plus belles pages de son parcours. Arrivé au club en 2014 alors que celui-ci évoluait encore dans les compétitions régionales, il accompagne sa progression jusqu’à la deuxième division, puis jusqu’à l’élite du football camerounais. Ses passages au Coton Sport de Garoua et au Fovu Club de Baham témoignent également de la confiance placée en ses qualités. De retour au Stade Renard, il retrouve rapidement une place de choix dans la défense et s’impose comme l’un des cadres de l’équipe. Ses prestations finissent même par attirer l’attention de la sélection nationale. Il figure ainsi sur la première liste des Lions Indomptables A’ du sélectionneur Simplis Soh, dans le cadre de la préparation au Championnat d’Afrique des Nations. Une reconnaissance sportive qui confirmait, si besoin était, la qualité d’un joueur dont la carrière n’aura pourtant pas bénéficié de toute la lumière qu’elle méritait.

Un mal qui rongeait en silence ?

La disparition brutale de Thomas Legrand Kuissi laisse également planer le douloureux souvenir d’un homme dont l’état physique semblait s’être progressivement dégradé ces derniers temps. Des observateurs avertis avaient notamment remarqué qu’il avait perdu de sa robustesse légendaire et considérablement maigri. Ces changements physiques, visibles pour ceux qui le côtoyaient, pouvaient laisser entrevoir qu’un mal le rongeait en silence. Sans établir de lien médical qui ne serait pas documenté, son décès des suites de maladie donne aujourd’hui à ces signes rétrospectifs une résonance particulièrement poignante.

Le Moungo orphelin d’un ambassadeur

À Nkongsamba comme dans l’ensemble du Moungo, c’est un véritable ambassadeur du football local qui disparaît. Par son parcours dans plusieurs clubs de l’élite, Thomas Legrand Kuissi avait contribué à porter le nom de son terroir au-delà des frontières du département. À Melong, l’émotion est également immense. Dès l’annonce de son décès, une forte délégation du Stade Renard s’est rendue auprès de sa mère pour présenter les condoléances de la famille du club. Le président du club, le maire Jean Kuete, empêché, a lui aussi tenu à s’associer à cette démarche.

La dépouille du défunt a été conduite à la morgue de la garnison militaire de Nkongsamba. À 36 ans seulement, Thomas Legrand Kuissi Tchouenkam quitte prématurément la scène. Le « Bâtiment » s’est effondré, mais son empreinte demeure. Celle d’un défenseur courageux, fidèle à ses engagements et dont les performances, même insuffisamment célébrées, resteront gravées dans la mémoire du football du Moungo et du Cameroun.

Le Moungo perd un joueur. Nkongsamba perd un fils. Le football camerounais perd, lui, un défenseur de caractère.

Titan Yonkeu, Le Vigile du Sport