Politique of Wednesday, 4 March 2026
Source: www.camerounweb.com
Plusieurs arguments sont avancés pour expliquer les raisons du blocage de la publication du nouveau gouvernement promis par Paul Biya en début d’année.
La rumeur d’un imminent remaniement ministériel alimente depuis plusieurs semaines les débats politiques. Pourtant, à l’analyse du contexte national, une recomposition rapide du gouvernement paraît peu probable. Plusieurs facteurs, à la fois institutionnels, diplomatiques et électoraux, militent en faveur d’un report.
D’abord, le pays est engagé dans d’importants préparatifs diplomatiques et logistiques, notamment autour de l’éventuelle visite du souverain pontife dans les villes de Yaoundé, Douala et Bamenda. Un tel événement exige une coordination étroite entre les ministères concernés. Par ailleurs, l’organisation prochaine d’un congrès mondial du commerce mobilise fortement l’appareil gouvernemental. Dans ces conditions, un changement d’équipe pourrait ralentir les mécanismes administratifs déjà engagés.
Ensuite, la session parlementaire de mars à l’Assemblée nationale du Cameroun pourrait constituer un tournant majeur. Des spéculations évoquent l’examen d’un texte visant à préciser les modalités liées à la fonction de vice-président, conformément aux dispositions constitutionnelles. Si cette évolution venait à se concrétiser, elle redessinerait l’équilibre institutionnel et imposerait au chef de l’État, Paul Biya, d’intégrer ces nouvelles données avant toute recomposition gouvernementale.
À cela s’ajoute la probable convocation du corps électoral en vue des prochaines élections législatives et municipales. Une telle décision ouvrirait une séquence politique sensible, où la stabilité gouvernementale devient un atout stratégique. En période préélectorale, l’Exécutif privilégie généralement la continuité afin d’éviter les tensions internes et de consolider ses bases territoriales.
Enfin, la question de l’équilibre régional demeure centrale. La désignation éventuelle d’un vice-président issu du Nord-Ouest ou du Sud-Ouest s’inscrirait dans une logique d’apaisement, tandis que le poste de Premier ministre pourrait revenir au Grand Nord, dans un souci de représentativité nationale.
Ainsi, entre échéances diplomatiques, réformes institutionnelles et calendrier électoral, le remaniement ministériel apparaît davantage comme une perspective différée qu’une décision imminente.