Le conflit entre la FECAFOOT et le ministère des Sports a contribué à affaiblir l'autorité des « hautes instructions » présidentielles, en mettant en lumière des rivalités au sommet de l'État. Oswald Baboké, présenté comme proche de la Première dame et de Samuel Eto'o, a été sanctionné pour avoir outrepassé son rôle et contesté l'autorité du secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh.
Voici Baboké dans la tourmente de ces mêmes hautes instructions après avoir encouragé Eto’o à les braver dans le conflit l’opposant au MINSEP.
Éto’o reste un très grand manœuvrier. Dans son combat avec le ministre Mouelle Kombi pour le contrôle de la FECAFOOT, il s’est toujours fait fort de montrer sa proximité avec la première dame qui n’a jamais manqué de présider les cérémonies de ballons d’or de la FECAFOOT. Bien plus, c’est le ministre Baboké, réputé très proche de la première dame qui a toujours été au front dans un soutien plus que marqué à Éto’o. Leur proximité est telle que dans l’opinion, personne n’a de doute que c’est le principal soutien d’Éto’o au sein du sérail.
Mais voilà qu’à vouloir trop jouer avec le feu, une modalité essentielle de la gouvernance de Biya s’est désagrégée « les hautes instructions ».
Dans cette désagrégation, sapée par les coups de boutoir d’Éto’o, le secrétaire général de la Présidence de la République, est devenu un être insignifiant, lui jadis craint, et à qui le Chef de l’Etat a donné une délégation permanente de signature avec pouvoir de discrimination des dossiers à lui confier.
Le Chef de l’État étant affaibli par l’âge, cet aménagement lui permet d’exister de manière principale dans la conduite des affaires de l’Etat. En l’affaiblissant, c’est aussi une manière d’attenter au pouvoir du chef de l’Etat.
La conséquence de cet imbroglio est que nous sommes désormais dans une sorte de bicéphalisme au niveau de la présidence de la République avec le cabinet proche de la première dame qui là, montre sa capacité à s’imposer dans la marche politique de la nation.
En allant plus loin, la conséquence de ce bicéphalisme de fait est qu’en cas de transition, cette modalité peut être extrêmement nocive puisque même actuellement dans la conduite au quotidien des affaires publiques, elle est au cœur de ces blocages que l’on observe, y compris pour ce qui est de la formation du gouvernement.
Notre lecture est donc que, considérant tout cela, le sérail a décidé de neutraliser BABOKÉ qui a doublement fauté:
1- Baboké auprès de la première dame a un devoir de conseil.
En effet, sa formation doit lui donner de mieux maîtriser les rouages de l’Etat afin de permettre à la première dame de mieux orienter ses actions de manière à ne pas gêner la marche de l’État. Or, même après tout un discours du chef de l’Etat disant avoir donné des instructions au gouvernement pour résoudre le problème de la FECAFOOT, Baboké n’a pas cru devoir se ranger derrière cette instruction. Mieux, il n’a pas aidé la première dame à prendre la décision de se désolidariser d’Eto’o, puisqu’elle s’était toujours rendue aux manifestations organisées par Eto’o.
2- Le cabinet civil est en charge des affaires privées du chef de l’Etat lorsque le secrétariat général s’occupe des affaires publiques.
Est-ce à Baboké que l’on doit expliquer qu’il n’a pas qualité à faire obstruction aux ordres du SG de la présidence ? S’il ne le sait pas, c’est qu’il est mal formé et dans ce cas, il faudrait interroger la qualité de ses diplômes. D’un autre côté, s’il a agi parce que envoûté par l’aura d’Eto’o, il est encore plus coupable du fait de sa vanité.
Tout compte fait, on assiste à un vrai retour de manivelle qui fait que Baboké est en train d’entrer dans un tel tourbillon qu’il lui sera difficile d’en sortir.
Les hautes instructions qu’il contestait hier sont aujourd’hui en train de le broyer avec Ngoh Ngoh à la manœuvre, lequel Ngoh Ngoh à qui il refusait d’obéir.
Lorsque la disgrâce d’un homme est prononcée dans ces cercles-là, c’est souvent comme-ça. Un fou sort de nulle part avec des documents pour la radio, et la clameur populaire s’empare d’un nom: Baboké, Baboké !
Léonide Mfoum









