Actualités of Monday, 8 June 2026

Source: L’Indépendant n°1037 du 8 juin 2026

Électricité : la Socadel, déjà pire qu’Eneo ?

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Lueur et leurre de la transformation du secteur électrique camerounais depuis le décret présidentiel du 4 mai 2026, portant création de la Société Camerounaise d’Électricité (Socadel).

En dépit des investissements colossaux en termes de barrages, centrales à gaz et autres, le Cameroun est en plein dans le rationnement de l’énergie électrique, au grand dam des ménages, et de l’embryon du tissu industriel.

Un communiqué du ministère de l’Eau et de l’Energie (Minee) indique que depuis le 1er juin 2026, le Réseau interconnecté sud (RIS) est fragilisé par le retrait des capacités de production de Kribi et de la Dibamba. Plongeant 40% des usagers des régions du Littoral et de l’Ouest dans le noir. Une situation qui résulte selon le communiqué du Minee, d’un blocage fiscal et d’une tension de trésorerie, révélant surtout une crise de coordination entre institutions, qui affecte ménages et commerces.

De sources concordantes, le déclencheur ne serait pas une panne de production ou une défaillance opérationnelle, mais un blocage des comptes bancaires de Globeleq par l’administration fiscale, dans le cadre d’une opération de recouvrement forcé. Entre recouvrement, tension de trésorerie et impayés persistants du concessionnaire de distribution, les moyens de production se retirent, le RIS se fragilise, et la population paie le prix. La chaîne de service public ainsi rompue entraîne la paralysie du réseau.

En dépit du bras de fer implicite entre le ministère des Finances et le groupe Globeleq, les procédures de recouvrement devraient préserver l’essentiel, notamment, la continuité du service électrique. Confronté à la réalité des délestages, le Minee fait savoir qu’il a immédiatement engagé des démarches auprès du ministère des Finances à l’effet d’ouvrir des concertations afin d’envisager des solutions rapides permettant le retour en exploitation des capacités retirées et la stabilisation de l’approvisionnement en énergie sur le RIS.

À travers ce communiqué, le Minee pose une démarche : concertations, résolution rapide, retour progressif à la normale. Rappelons que les régions du Littoral et de l’Ouest ne sont pas les seules à subir ces délestages à outrance en marge du bras de fer opposant le Minfi et Globeleq.

La ville de Yaoundé subit un rationnement intempestif et fréquent de l’électricité qui affecte la quiétude et les habitudes des habitants de la cité capitale. La création de la Socadel s’inscrivait dans la dynamique de reprise et de réorganisation des activités du secteur, notamment celles précédemment assurées par Eneo.

Elle traduisait la volonté de l’État de renforcer sa souveraineté énergétique et de bâtir un service public de l’électricité plus performant, plus transparent et plus accessible. Entreprise à capitaux publics, la Socadel est appelée à jouer un rôle central dans la gestion intégrée du secteur électrique, couvrant la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’énergie.

Dotée d’un capital social de 43,9 milliards de Fcfa, elle repose sur une organisation structurée autour d’organes de gouvernance clairement définis, notamment l’Assemblée générale, le Conseil d’administration et la Direction générale. Avec la création de la Socadel, le Cameroun ouvrait, disait-on, une nouvelle phase de son développement énergétique, fondée sur la consolidation du service public de l’électricité, l’amélioration durable de la qualité de service et l’accompagnement de la croissance économique nationale. Il n’en est rien !