Actualités of Thursday, 5 November 2026

Source: www.camerounweb.com

Cantines scolaires : 25 000 élèves ciblés, mais la vraie bataille sera celle du passage à l'échelle

Le ministère de l'Éducation de base a présenté une stratégie nationale d'alimentation scolaire Le ministère de l'Éducation de base a présenté une stratégie nationale d'alimentation scolaire

Le chiffre de 25 000 élèves donne une première mesure à la stratégie présentée à Yaoundé. Son intérêt dépasse le repas : elle veut agir sur l'absentéisme, la nutrition et les revenus agricoles, mais son calendrier opérationnel reste à préciser.

Le ministère de l'Éducation de base a présenté une stratégie nationale d'alimentation scolaire avec l'appui du Programme alimentaire mondial et du Projet d'appui à la réforme de l'éducation au Cameroun. La première cible annoncée est de 25 000 élèves dans des zones prioritaires. Aucun calendrier détaillé ni liste complète d'établissements n'a toutefois été communiqué lors de la présentation, ce qui impose de distinguer l'objectif politique du déploiement effectif.

L'enjeu éducatif est documenté : un repas régulier peut réduire les absences, soutenir la concentration et alléger la charge des familles. Au Cameroun, le PAM estimait en juillet qu'environ 321 000 enfants bénéficiaient déjà de repas scolaires, soit près de 11 % des trois millions d'élèves du primaire public. La nouvelle annonce doit donc être replacée dans un ensemble de programmes et non lue comme le nombre total de bénéficiaires nationaux.

Le modèle d'approvisionnement local constitue le volet le plus structurant. Des coopératives, notamment féminines, peuvent fournir céréales, légumineuses et autres denrées aux cantines. Si les contrats sont réguliers, les repas scolaires deviennent aussi un marché prévisible pour les petits producteurs. Cette promesse suppose des normes de qualité, des capacités de stockage, des paiements ponctuels et une traçabilité que les collectivités devront être en mesure de gérer.

Le test sera celui de l'équité territoriale. Les régions rurales et fragiles cumulent éloignement, pauvreté et difficultés logistiques. Pour éviter une politique de vitrine, les autorités devront publier les critères de sélection, le coût par repas, le taux de présence des élèves et les résultats nutritionnels. C'est à cette condition que 25 000 bénéficiaires pourront servir de première marche vers l'objectif national d'un million d'enfants à l'horizon 2030.