La CAF a abandonné le cycle quadriennal avant même de l’appliquer. Le choix rétablit une compétition familière aux Lions indomptables et sécurise un rendez-vous majeur pour les revenus des fédérations.
Le comité exécutif de la CAF a décidé à l’unanimité de maintenir la Coupe d’Afrique des Nations tous les deux ans.
L’instance explique que la Ligue des nations africaine envisagée mettrait plusieurs années à générer des ressources suffisantes. La prochaine CAN reste prévue en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda, puis les éditions annoncées sont 2028, 2031 et 2033, afin d’éviter l’année 2030 de la Coupe du monde.
La décision a déjà une traduction commerciale. La CAF a modifié son appel d’offres pour les droits des éditions 2028, 2031 et 2033, qualifications comprises. La date limite est fixée au 16 novembre. Pour les fédérations, dont la Fecafoot, une compétition fréquente entretient les revenus, la visibilité des joueurs et l’intérêt des sponsors. Elle impose aussi une préparation presque permanente.
Pour le Cameroun, le rythme biennal multiplie les occasions sportives, mais réduit le temps de reconstruction entre deux cycles. Le sélectionneur doit renouveler l’effectif tout en gérant les qualifications et les clubs européens. L’enjeu n’est donc pas seulement de participer : il faut une planification médicale, logistique et technique capable d’éviter que chaque fenêtre internationale soit traitée dans l’urgence.
Le revirement pose enfin une question de gouvernance. La CAF doit expliquer les conséquences sur le calendrier féminin, les compétitions de jeunes et les clubs africains. Protéger le produit phare est rationnel, mais l’autonomie du football continental dépendra de la manière dont les recettes sont redistribuées dans les infrastructures, la formation et les championnats locaux.









