Dans la nuit du 16 au 17 septembre, peu avant 2 heures du matin, des combattants lourdement armés de Boko Haram ont fait irruption à Madegoua, un village du Logone-et-Chari, rapporte Jeune Afrique. Selon le magazine, plusieurs hommes ont été capturés, ligotés puis exécutés, et les assaillants ont semé la terreur pendant plus d’une heure sans rencontrer de résistance. Un témoin cité par Jeune Afrique évoque quinze personnes tuées. Dès le lendemain, les habitants ont fui vers Waza, où, le 22 septembre, les autorités faisaient état de plus de 18 000 déplacés, d’après le magazine.
Une série d’attaques. Jeune Afrique dresse la chronologie de violences qui frappent la région depuis des mois : le 16 décembre 2025 à Bakarissé, où plusieurs habitations ont été incendiées et un villageois tué ; la nuit du 23 avril à Mozogo, où deux villages ont été attaqués et incendiés, faisant plusieurs victimes dont des femmes et des enfants ; le 24 septembre, des embarcations transportant des commerçants de Doré vers Darak ont été prises pour cibles sur le lac Tchad, des passagers étant précipités dans l’eau et d’autres enlevés. Le magazine cite aussi le 17 octobre à Kotserehe, dans le Mayo-Sava, où deux personnes dont le chef du village ont été tuées et près de trente habitations incendiées.
Une stratégie qui aurait changé. Selon une source locale de Jeune Afrique, les assaillants ne mèneraient plus d’attentats kamikazes. Ils cibleraient un village et y imposeraient une rançon « entre 40 et 50 millions de F CFA », à remettre dans un délai très court. Si le village n’a pas réuni la somme, ils reviendraient, selon la même source, « et massacrent tout le monde ». Le magazine relève que des localités qui ne pouvaient ou ne voulaient pas payer se sont ainsi vidées jusqu’au dernier habitant. Jeune Afrique ne précise pas combien de villages sont concernés, et ce récit repose sur un seul témoin.
Des enlèvements. Le magazine rapporte qu’à Mora, le révérend André Doucha, de l’Union des Églises évangéliques du Cameroun et père du sénateur Nathanaël Nikamane, a été enlevé à son domicile par des hommes armés soupçonnés d’appartenir à Boko Haram. Les ravisseurs ont exigé, selon le magazine, une forte somme pour sa libération. À Amchidé, Yaya Mazou a été exécuté un soir par les terroristes, d’après Jeune Afrique.
Plus de 200 villages abandonnés. D’après des sources locales citées par le magazine, des offensives récentes ont entraîné le déplacement de plus de 4 000 personnes et l’abandon de plus de 200 villages dans les zones de Waza et de Dabanga, où l’armée avait pourtant repris le contrôle de plusieurs secteurs. « C’est devenu la guerre froide, une guerre silencieuse », résume l’interlocuteur du magazine.









