Une attaque non résolue ne disparaît pas avec le cycle de l’actualité. Elle devient un message adressé à toute une profession : certains sujets coûtent trop cher. Le remède commence par des dossiers suivis jusqu’au jugement.
À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes, le Réseau des patrons de presse du Cameroun a demandé des procès conduits à leur terme sans ingérence. Le communiqué s’appuie sur la 138e place attribuée au Cameroun dans le classement 2025 de Reporters sans frontières. Un classement agrège plusieurs dimensions ; il ne remplace pas l’examen de chaque affaire.
La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples rappelle que les menaces évoluent : violences physiques, intimidation, surveillance et poursuites stratégiques peuvent produire la même autocensure. Elle cite ses résolutions sur la sécurité des journalistes et une étude nouvelle sur les procédures judiciaires destinées à réduire la participation publique. Le Cameroun, État partie à la Charte africaine, dispose donc d’un cadre d’obligations déjà formulé.
La transparence peut commencer par un registre public anonymisé lorsque nécessaire : date, type d’attaque, autorité saisie, état de l’enquête, poursuites, décision et réparation. Les organisations professionnelles doivent, elles aussi, documenter avec méthode et protéger les victimes. L’objectif n’est pas de préjuger de la culpabilité, mais d’empêcher que le silence administratif ne devienne la dernière étape de chaque dossier.









